Dans la série "les animaux sont pleins d'idées"...

On s'est bien marrés ce week-end en observant le comportement d'un petit écureuil frustré de ne pas parvenir à atteindre les cacahuettes placées dans la mangeoire à l'attention des oiseaux. Cette mangeoire a la forme d'une petite maisonnette de bois, aux fenêtres protégées par de fins grillages à travers lesquels les oiseaux picorent les cacahuettes (ou autres graines). L'idée était justement de placer ces petites friandises hors de portée des écureuils, qui font une vraie razzia sur tout ce qu'ils trouvent et ne laissent rien à personne. 

Entre parenthèse, c'est un vrai zoo ici. Les oiseaux, en particulier les merles, habitués à se voir distribuer leur ration de graines et friandises chaque matin en hiver, viennent carrément se poster tôt le matin devant la porte et attendent patiemment leur repas. Je ne sais pas si c'est bon ou pas de nourrir les oiseaux comme nous le faisons, mais en hiver ils ont tellement froid que c'est dur de voir ces petite boules de plumes transies et ne rien faire pour les aider un peu. Depuis quatre ans que nous sommes ici, on a quasiment réussi à apprivoiser deux merles, le temps qu'a duré leur vie d'oiseau. 
Outre les oiseaux et les écureuils, il nous arrive de voir des faisans sauvages, des lapins, tout aussi sauvages, qui nous piquent les légumes qu'on essaye de faire pousser (on a bien essayé de mettre un panneau avec marqué dessus "Défense de grignoter les jeunes pousses" mais apparemment ils ne savent pas lire), il y a aussi Balthazar, un chat (très) sauvage qui fait son apparition de temps en temps et qu'on n'a jamais réussi à approcher, on a vu un renard, un jour, traverser tranquillement la "terrase" (qui n'a de terrasse que le nom, vu la rénovation dont cet espace a besoin), "surtout ne vous occupez pas de moi je ne fais que passer", et même un autre jour deux espèces de petits cerfs (j'ignore leur nom en français mais en anglais on les appelle les muntjac deers), un mâle et une femelle, qui ont tout aussi tranquillement traversé le jardin un matin vers sept heures, sans faire le moindre bruit, puis ont disparu dans la brume. Non, non, on n'a pas rêvé. ;-)

Bref, on a donc suspendu la mangeoire à un crochet, et nous pensions naïvement qu'elle serait ainsi hors de portée des écureuils, à qui nous donnons des friandises-spécial-écureuils, mais nous n'avions pas prévu qu'un écureuil pouvait se montrer aussi perspicace et entêté.

Tout d'abord, il est parvenu à accéder au crochet sur lequel est pendue la mangeoire, sans doute en descendant du toit, et est resté un bon moment à tourner dans tous les sens, en manquant toutes les deux secondes de se casser la figure, et en se demandant visiblement quelle méthode sera la meilleure pour s'emparer de ce trésor vitaminé.




Ce qui est marrant, c'est qu'il avait vraiment l'air de réfléchir (mais qui nous dit qu'après tout, les animaux ne réfléchissent pas ?) Il se tournait dans un sens... ah non, ça va pas... il se penchait un peu... zut, ça suffit pas pour les atteindre... alors il se tournait dans l'autre sens... ben non, comme ça, ça va pas non plus...

Et tout d'un coup, il a semblé avoir comme une sorte d'illumination : mais oui, bien sûr ! c'est comme ça qu'il faut faire ! La technique du trapéziste, y'a que ça de vrai !
Pendu par les pieds, la tête en bas. Comme ça, c'est mieux, non ?




Les animaux sont parfois comiques. En tout cas, ce qui est moins comique, c'est qu'il a réussi à démolir en partie le grillage qui protégeait la petite fenêtre située devant lui. Une fois les cacahuettes à sa portée, il a grignoté pendant au moins vingt minutes sans s'arrêter une seule seconde, un vrai petit goinffre, avant de s'enfuir dès que nous avons ouvert la porte de la cuisine. 

En plus d'être un zoo, ce jardin est en train de devenir un cirque...

;-)


27 janvier 2016
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