Piratage et Mandala

Plusieurs personnes m'ont demandé par message privé sur Twitter ce qui s'était produit sur mon compte, pourquoi j'avais dû en ouvrir un nouveau, et ce que j'avais fait pour sécuriser le nouveau compte. Il m'a fallu répondre plus que brièvement car s'exprimer de façon détaillée en 140 caractères est mission impossible. 

Comme je n'aime pas écrire en langage sms, je dépose sur ce blog un petit texte explicatif qui répondra, je l'espère, aux questions qui m'ont été posées.

Hier, j'étais tranquillement en train de twitter, comme je le fais chaque matin ou presque avant de me plonger dans mon labeur, lorsque tout à coup, un individu masqué a surgi sur mon compte et s'est mis à tirer sur tout ce qui bougeait : textes de mes tweets modifiés, de nouveaux tweets ajoutés, j'en passe et des meilleures.  

Mince, je me dis, me voilà piratée ! Pas aussi impressionnant qu'il y a quelques années, lorsque tout à coup j'entendis une mystérieuse voix humaine chanter dans le haut parleur de mon ordinateur. J'ai cru au tout début m'être réincarnée en Jeanne d'Arc qui, paraît-il, entendait des voix, avant de comprendre qu'un intrus se trouvait "dans" mon ordinateur. 
Ma première réaction (complètement débile, évidemment, mais dans ces moments là, on ne sait plus trop ce qu'on fait...) fut de m'écrier, en regardant ma machine : "il y a quelqu'un ??", puis j'ai déplugué rageusement l'internet, pardon, j'ai enlevé délicatement la prise de l'internet, avant de me mettre à sonder le problème.

Hier, je ne m'écriai pas une deuxième fois "il y a quelqu'un", mais j'eus beau changer mon mot de passe, rien n'y fit. Capitaine Crochet s'accrochait comme un désespéré à mon compte, et ne me lâchait pas d'une semelle. Impossible aussi d'ajouter un numéro de portable pour sécuriser ce compte. Il ne restait plus qu'une seule solution : désactiver ce compte et en ouvrir un autre.

J'ouvris donc, après avoir pris la précaution de conserver la liste des personnes qui me suivaient, un nouveau compte.

Au début, ça m'a un peu agacée, mais finalement je me sens un peu comme ces moines tibétains qui construisent, avec un degré de patience que nul autre qu'eux ne pourrait atteindre, de magnifiques Mandalas de sables colorés, pour les détruire ensuite, à peine achevés, au moyen d'une petite balayette. Peut être avez vous déjà vu cela ? J'ai eu l'occasion d'assister (était-ce en 1993 ? 1994 ? Je ne sais plus) à la construction d'un Mandala de Kalachakra dans un pavillon de La Villette. Les moines avaient mis des jours à le réaliser, puis le Mandala avait été impitoyablement balayé, le petit tas de sable mis dans un vase, et les moines s'étaient ensuite dirigés, suivis par la foule fascinée, vers le canal dans lequel ils avaient vidé leur contenu multicolore. Assister à cela vous apprend ce qu'est la patience, mais aussi l'impermanence des choses. Sans parler du fait que cet événement s'était accompagné d'une série de conférences passionnantes, notamment avec Jean Claude Carrière.

Et me voilà donc repartie pour de nouveaux tweetages matinaux d'articles liés à l'actualité, ou autres petits messages en 140 caractères. 
Comme on dit au Royaume Uni : keep calm and carry on. 


Pour sécuriser son compte, on verra bien si ça marche ou pas mais en tout cas ça ajoute une couche de sécurité, il faut le lier à votre numéro de portable. Allez dans "paramètres", puis "sécurité et confidentialité", puis vous allez voir en haut de la page "vérification de connexion". Cochez l'option "envoyer les demandes de vérification de connexion au" et il vous faudra alors ajouter votre numéro de portable.

Une fois le portable correctement enregistré dans le système, chaque fois que vous voudrez vous connecter sur votre compte Twitter, vous recevrez un sms avec un code qu'il vous faudra entrer. Et comme c'est vous qui avez votre téléphone dans les mains et pas "eux", pas de code, pas de connexion.

Enfin, normalement... 









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