Petite liste de poèmes sur la neige



Pour celles et ceux qui aiment la poésie, et qui aiment aussi la neige, voici une liste de quelques liens présentant des poèmes sur le thème de la neige, ou mentionnant la neige.







30 Novembre 2017

L' arbre va tomber

C'est toujours dommage (je ne vais pas dire "triste" ou "dramatique" car je n'ai aucune envie d'entrer dans ce registre de vocabulaire un peu mélo) de devoir couper un arbre. Les arbres sont comme nous, et comme les animaux. Ils sont des êtres vivants. Ils naissent, ils vivent, ils meurent et n'ont aucune envie qu'on leur fasse du mal.

D'une certaine façon, même les pierres sont des êtres vivants, puisqu'elles sont faites d'atomes. Comme nous. Finalement, si on nous réduit à l'état de simple aggrégation d'atomes (ou mollécules, je sais pas), on est tous identiques. Si nous sommes considérés comme des êtres vivants alors que nous ne sommes, en fin de compte, que des paquets d'atomes, alors les arbres aussi, les pierres aussi, le métal aussi, sont vivants. Nous ne sommes différents d'eux que parce que nos "briques" ne sont pas faites avec les mêmes atomes, c'est tout. 

Un truc que je n'ai toujours pas compris, c'est si les atomes meurent un jour. On nous dit que nous sommes faits des atomes produits au coeur des étoiles il y a... tellement d'années (si toutefois le mot "année" a un sens à l'échelle de l'univers) mais est-ce les mêmes atomes qui sont arrivés jusqu'à nous ? Est-ce que, comme les arbres, les fleurs, les animaux, et nous, les atomes naissent, vivent, puis meurent un jour ? J'ai du mal à concevoir que les atomes qui composent mon organisme ont été fabriqués il y a des millions d'années. 
"Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme", nous rappelait souvent notre prof de physique au lycée. 

Les arbres ne sont pas de simples bouts de bois décorés de feuilles la moitié de l'année. Je fais partie de ces personnes qui pensent que les végétaux ne sont pas seulement des êtres vivants, mais ont également des ressentis. Je suis persuadée qu'ils ont leur façon à eux de ressentir les choses, voire même de les penser. D'ailleurs, je n'invente rien en disant ça puisqu'il est désormais reconnu qu'ils émettent des ultra sons dans certaines circonstances. J'imagine la tête que certains ont dû faire dans les années 70 lorsque les premiers scientifiques se sont risqués à émettre ces hypothèses. 

Certaines personnes préconisent d'établir un contact avec les arbres, de communiquer avec eux en posant les mains sur leur tronc, ou alors en les entourant de nos bras. Ca fait rire beaucoup de gens. Sans pour autant me faire rire ou m'exclamer : "N'importe quoi !!", ça m'avait laissée franchement sceptique, moi aussi, lorsque je les avais vus faire à la télévision. 
Et puis un jour, j'ai décidé d'essayer. Je suis allée au Parc Floral à Paris, j'ai marché jusqu'au bout du parc, non loin des jeux pour les enfants, j'ai choisi un arbre qui me "parlait", je suis allée poser doucement les paumes de mes mains sur son écorce, et j'ai attendu. 
Au bout de quelques secondes, une minute peut-être, j'ai senti comme une légère onde d'énergie qui entrait dans mon corps. C'est très difficile à expliquer, d'autant plus que ce n'est pas du tout rationnel, mais j'ai senti l'energie de l'arbre. Ne me demandez pas de quoi était composée cette énergie, ni la raison scientifique pour laquelle je l'ai ressentie. J'en sais rien. Ce que je sais, c'est que je l'ai ressentie. Ce n'était pas seulement dans ma tête, puisque lorsque j'ai tenté cette expérience, je n'y croyais pas. Non seulement j'ai bel et bien senti quelque chose, mais il y avait un côté réconfortant, calmant, dans ce contact. J'ai même eu l'impression étrange que l'arbre savait que quelqu'un avait posé ses mains sur lui. Devrais-je mettre le mot "savait" entre guillemets ? Il le savait à sa façon, sans avoir besoin d'être pourvu d'un cerveau. Cela fait partie de ces choses étranges pour lesquelles on ne trouve jamais d'explication.

Il m'arrive parfois des choses plus étranges encore. Lorsque je pense à une personne, et qu'il se trouve que cette personne pense à moi à la même seconde, je ressens d'une façon très forte sa présence dans la pièce où je me trouve. C'est pour cette raison que je suppose que cette personne était également en train de penser à moi au même moment. C'est, là aussi, impossible d'expliquer ça de façon rationnelle. C'est peut-être tout simplement ce qu'on appelle une "transmission de pensée", ou alors la "télépathie". D'un côté, je prétends que je n'y crois pas, mais de l'autre, je suis bien obligée de reconnaître que cela m'arrive parfois.

Pour en revenir à nos arbres, non seulement il y a des gens qui ne croient pas au fait que les végétaux ressentent les choses, mais il existe encore sur cette Terre, bien que cela puisse sembler ahurissant, des gens qui croient que les animaux n'ont pas de ressenti, de sentiments comme la joie, la peur... 
Les pires d'entre eux s'imaginent même que les animaux ne ressentent pas la douleur ! D'autres pensent plus simplement qu'ils n'ont pas de langage structuré, qu'ils ne font qu'émettre des bruits, des cris, des sons qui peut-être ont une signification primaire, mais qui ne correspondent pas à une organisation logique de mots. 
Je suis persuadée que c'est faux et qu'un jour on saura parler le "chat", le "dauphin", le "baleine"... à moins que l'on ne découvre également que les baleines, par exemple, ne parlent pas toutes la même langue, et alors on suivra des cours de "baleine bleue", de "baleine franche", de "baleine à bosse"... comme nous-mêmes parlons le français, l'anglais, le chinois, le bambara, l'espagnol, le khmer, etc...

Alors, lorsqu'il nous a fallu couper non pas un, mais deux arbres, on était rongés par la culpabilité, la tristesse, on peut le dire, et la peur de les faire souffrir. On avait fait un devis il y a deux ans avec Paul, une personne que l'on connait, et puis on avait laissé tomber. Mais on était bien obligés vu qu'on n'avait pas le choix. La maison est très ancienne, elle a deux cent cinquante ans, et à l'époque les gens les construisaient sans fondations. Ces deux arbres étaient beaucoup trop près. Non seulement ils étaient un réel danger en cas de tempête, on a vu des arbres plus gros tomber sur des maisons lors de la dernière tempête qui est passée par ici, mais de plus leurs racines couraient sous la maison qu'elles menaçaient directement. Elles avaient déjà soulevé le pavage de la terrasse. Donc on a fini par rappeler Paul. J'avais un peu discuté avec lui il y a deux ans au moment du devis, la discussion s'était engagée lorsque j'avais laissé échapper avec un soupir de lassitude : "le pauvre arbre, s'il savait ce qui l'attend !" et je me suis rendue compte que Paul pense exactement la même chose que nous au sujet des arbres. Je me demande comment il arrive à faire ce boulot tous les jours de sa vie. Ca doit entrer en conflit avec ses convictions profondes. A moins qu'il ne se soit finalement habitué. Cela fait plus de vingt ans qu'il coupe des arbres. 

Un frêne, je crois, et un marronnier. Paul a commencé par le frêne, par les branches du haut, et là, j'entendais l'arbre qui s'écriait : "Mais qu'est-ce qu'il fait à mes branches, celui là ?" Je caricature évidemment (quoique...), mais je suis persuadée qu'il sentait, et peut-être même "comprenait", à sa façon, peut-être en émettant des ultra-sons, ce qui était en train de lui arriver
Le pire, c'était qu'il ne pouvait rien faire pour se défendre. Il était planté là sans pouvoir s'enfuir. J'ai eu du mal à regarder, bien que j'aie réussi à prendre quelques photos à travers la fenêtre. 
Puis, Paul et son équipe ont accroché une corde en haut du frêne, ils ont coupé le bas du tronc et l'arbre s'est affaissé. Il est tombé d'un bloc sur la pelouse, devant la maison. Ca a fait un énorme "boum", et le sol a tremblé. Un véritable séisme. La maison a littéralement sursauté. Puis est venu le tour du marronnier. Pour finir, ils ont tout débité en petits morceaux.

Les arbres sont tombés. Il ne reste d'eux que deux souches, et deux gigantesques tas de bois au sol. 

Alors je ne vais pas vous faire le coup de mettre la vidéo YouTube de "L'arbre va tomber" de Francis Cabrel, d'abord ce serait un peu cynique, ensuite les paroles ne correspondent pas du tout aux raisons pour lesquelles nous avons fait abattre ces deux arbres, ("Le monsieur veut garer sa voiture" par exemple). De plus, chanter "tout faire dégringoler, l'arbre avec les oiseaux dedans", c'est oublier qu'une tronçonneuse ça fait un tel raffut que les oiseaux sont de toute façon partis depuis longtemps, mais une chose est vraie, c'est le fait que les oiseaux avaient élu domicile dans ces deux arbres, et qu'ils ont fait une drôle de tête quand ils ne les ont plus vus.










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De la France et des Français.

J’aime la France, et j’aime le peuple français. Ca ne veut pas dire que je n’aime pas les autres, j’aime aussi les autres, les Anglais, les Américains, les Chinois, les Russes… mais ça veut dire que j’aime la France et j’aime le peuple français.  Je nous aime, nous, le peuple français.

Tout d’abord, je tiens à faire immédiatement le point sur le fait que je ne fais aucune différence entre les Français en fonction de l’endroit de la planète d’où ils sont originaires, leur couleur de peau, leur religion, etc etc. Un Français, administrativement parlant, c’est quelqu’un qui a la nationalité française. Pour moi, ça va plus loin, un Français, pour moi, c’est quelqu’un qui vit en France. Point. D’ailleurs, il y a bien des gens qui ont la nationalité administrative, mais pas celle du coeur. D’autres ont la nationalité du coeur, et pas encore (ou n’auront jamais, pour des raisons qui n’appartiennent qu’à eux) la nationalité administrative. Je m’en fiche royalement de ces questions administratives, qui souvent ne font que rendre la vie impossible à des gens qui ne méritent pas qu’on les traite avec un tel manque d’humanité. Et je laisse volontairement de côté ici le débat de savoir s’il faut ou non retirer la double nationalité aux grands criminels. Ce n’est pas mon propos.

Ceci étant affirmé, j’aime les Français parce que c’est un peuple composé de gens sincères et authentiques. Des gens un peu compliqués, c’est vrai, un peu bruts de décoffrage aussi, parfois.

Un peuple composé de gens qu’il faut parfois prendre avec des pincettes, certes, qui a toujours été un peu révolutionnaire “sur les bords” (on sait où ça mène : la plupart du temps nulle part, ça ne change rien sur le très long terme) qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, et ça c’est bien, un peuple qui dit ce qu’il pense, c’est génial, mais jusqu’à en devenir parfois un peu brutal dans ses propos, là est le problème car ça rend le dialogue difficile, mais qui a le sens (pas toujours mais la plupart du temps) de la solidarité, de la fraternité (de moins en moins ? si l’on en juge par la montée de l’intolérance tous azimuts, c’est triste…), de l’égalité (jusqu’à en faire une vraie névrose par moments, voulant l’égalité à tout prix, même au prix de nier que les gens sont tous différents et ont le droit de l’être) un peuple qui fait parfois preuve d’une pointe de manque de discernement qui pousse certains à rejeter en bloc des propositions qui pourraient pourtant être discutées, remaniées, changées dans certains de leurs aspects. Les choses ne sont jamais entièrement noires ou entièrement blanches, et ce manque de souplesse, ce “tout ou rien”, ce manque de volonté de trouver le compromis, est l’une de nos plus grandes faiblesses.

Un peuple parfois trop radical à mon goût, donc, avec qui la discussion peut, en conséquence, s’avèrer très pénible, mais en tout cas un peuple vrai, profondément sincère, et authentique. Un peuple composé de gens plus sensibles au fond d’eux mêmes qu’il n’y paraît à première vue, de gens qui ont du mal parfois à gérer leurs émotions et les laissent prendre le dessus, les laissent les submerger.

Si les Français sont un peuple brut (j’ai pas dit “brute”, attention…) alors c’est du diamant brut. Il faudrait juste le tailler un peu, ce diamant, le polir, en arrondir les angles.

J’aime la France peut-être même encore plus depuis que j’ai quitté notre beau pays. C’est peut –être ce qui me fait tant aimer cette chanson de Michel Polnareff : “Lettre à France”, bien que je trouve cette chanson triste. En général, je n’aime pas les chansons tristes, d’abord parce que ça me fiche le cafard et surtout parce que je crois fermement que la musique qu’on écoute influence tellement notre humeur qu’elle influence notre vie entière et, en vertu de cette loi de cause à effet à laquelle je crois fermement, qui fait que chaque action entraîne des conséquences sur la suite des événements, influence la société tout entière. Mais comme j’adore Polnareff, je lui pardonne même ses chansons tristes.

Depuis que je vois la France de l’extérieur, que je l’observe en silence, l’air de rien, je lui pardonne, à elle aussi, bien plus facilement ses défauts. Je les appelle même volontiers des “faiblesses bien humaines” plus que des défauts. Certains penseront que c’est parce que je ne les supporte plus au quotidien, ces défauts. Il y a peut-être de ça, mais il me semble que c’est surtout parce que le fait de prendre de la distance est terriblement bénéfique. Ca permet de voir et apprécier l’ensemble du tableau, dans sa globalité, et non plus de se focaliser sur des petits détails, souvent insignifiants quand on y pense. Grâce à la prise de distance, je me suis pleinement rendue compte que les Français sont des gens humains. Profondément humains. Ils n’ont pas peur de se montrer tels qu’ils sont, avec toutes leurs qualités et tous leur défauts. Ils n’ont pas peur de se dévoiler. Ils ne sont pas en permanence en train d’essayer de plaire. Je le savais, avant, mais je ne l’analysais pas, je ne l’appréciais pas de la même façon.

Les Français sont des gens qui se battent, en permanence, pour leur dignité, pour leur liberté. Et c’est ce qui fait la force et la beauté intérieure de ce pays. C’est une des choses qui touche le plus. La France est peut-être un pays qui a tendance à patiner un peu économiquement, pensent certains (et il y a du vrai la dedans, “pense je”, les réformes étant  toujours difficiles à mettre en place, même quand elles sont justifiées, car il y en a qui le sont, et il faut toujours y aller avec tellement de prudence quand on veut réformer…), mais où l’on trouve un véritable bouillonnement d’idées, un débat quasi permanent sur la société et ses problèmes, c’est un pays où l’on trouve encore des gens qui ont l’envie chevillée au corps de changer le monde et le rendre plus beau, même si parfois cela tombe naivement dans l’utopie irréaliste et irréalisable…

Cependant, la France est un pays où la contradiction veut qu’il soit en mouvement, en bouillonnement, permanent, tandis que le changement concret est si difficile à mettre en place. Du coup, tous ces débats d’idées ne dépassent jamais, en tout cas difficilement, le stade des débats d’idées. Sortir des mots, de l’attitude consistant à refaire le monde avec un groupe d’amis autour d’un pot dans un café puis rentrer tranquillement chez soi sans avoir trouvé ni même proposé de solution concrète, sans avoir fait avancer d’un pas le schmilililili… blick… c’est ce qu’il faut à ce pays pour véritablement entrer dans l’action et le voir envisager le bout du tunnel (où l’on voit très bien la lumière, à l’autre bout, mais sans pour autant jamais parvenir à l’atteindre). Entrer dans l’action, changer rééellement, et pas juste parler de changement, semble faire paniquer tout le monde.

Je contrebalancerai juste ces propos, qui semblent reprocher aux Français de ne jamais s’engager, ce qui est totalement faux, en rappelant le nombre impressionnant d’associations qu’il y a également en France, toutes cherchant avec sincérité et un maximum d’énergie, mais parfois avec de maigres ressources, à faire avancer une cause. Malheureusement, les associations perdent parfois leurs subventions ou ne parviennent pas à collecter suffisamment de fonds, alors qu’elles font un véritable travail de terrain bénéfique, voire salutaire, pour un groupe de personnes, et par extention pour l’ensemble de la société.

Les Français seraient-ils un peu trop routiniers ?

Au niveau de leur caractère individuel, les Français peuvent être brusques dans leurs discussions, vous balancer des trucs à la figure (au moins les choses sont dites, me direz-vous)… mais par contre collectivement, ouh la…  il ne faut surtout pas les brusquer dans leur vie quotidienne. Lorsque c’est le cas, le pays s’arrête. Full stop.

La contradiction est, me semble-t-il, une des caractéristiques majeures de la France et de ses habitants. Je crois n’avoir jamais rencontré autant de gens empêtrés dans leurs contradictions, prisonniers de leurs contradictions.

Ou alors on prend le parti d’accepter que la France est seulement un pays de débat d’idées, et non un pays d’action. Pourquoi pas, après tout, c’est une approche intéressante, dans la mesure où les idées, si elles sont bonnes, finissent toujours par faire leur petit bout de chemin et “faire des petits”, comme les économies que l’on place sur son Livret A, en tout cas peuvent contribuer à poser la première pierre à un projet, et la France a d’ailleurs eu et continue d’avoir de si bonnes idées qu’elles nous sont parfois empruntées ailleurs dans le monde. Cependant, dans le monde dans lequel nous vivons désormais, et qu’il est d’autant plus difficile de changer à notre image, et seulement à notre image, que nous ne vivons pas en vase clos (heureusement !) mais en permanente interaction avec les autres pays du monde, il est tout aussi important de prendre le taureau par les cornes sans mettre la charrue avant les boeufs, et agir. Concrètement. Foncer. Quitte à revenir en arrière si l’on se rend compte, avec l’expérience acquise, que l’on s’est planté. Mais gare aux dégâts éventuels, évidemment, si l’on se plante…

Cependant, il ne faut pas laisser la peur de l’échec l’emporter sur la volonté d’essayer, de se lancer. Si on se plante, eh bien on se plante, et puis c’est tout. Pas de quoi en faire un drame. On fait une nouvelle tentative dans la même direction, ou alors on bifurque un peu et on change de chemin pour arriver à son but.

J’aimerais voir les Français plus sûrs d’eux, j’aimerais les voir s’aimer un peu plus, les voir un peu plus conscients de leurs immenses qualités, sans pour autant tomber dans l’arrogance, bien sûr. Les Français ont cette fâcheuse habitude de se dénigrer du matin au soir, de s’autoflageller en permanence. C’est une très bonne chose d’avoir un regard critique sur soi-même, de ne pas se considérer avec complaisance, c’est exactement ce que je fais dans cet article, mais cette façon qu’ont certains Français de croire que la France est un pays peuplé uniquement de c..s et c….s, est complètement absurde. Chaque peuple a des défauts et ses qualités. Les Français ne sont pas plus c..s que les autres ! Ils sont bourrés de qualités et de bonne volonté. Ils sont compétents dans leurs boulots, (par contre, ils ont beau clamer à tout bout de champs qu’il n’y a pas de sot métier, ils refusent volontiers de faire, même temporairement, des boulots qui ne correspondent pas à leurs bac + 30, alors que toute expérience est enrichissante) certes ils ont des compétences qui parfois sont très orientées vers l’intellectuel et moins sur le côté pratique (il n’y a qu’à voir certaines études qui ne préparent pas du tout au monde du travail), certes ils ont encore un peu tendance à mépriser le travail manuel et l’apprentissage (mais cette mentalité évolue peu à peu) certes ils manquent parfois de pragmatisme, mais ils ont vraiment, vraiment, quelque chose de positif à proposer. Ainsi, je crois qu’il y a un vrai souci de maintenir une certaine éthique, une certaine morale, en France. Il me semble, et j’espère ne pas me tromper, que la majorité des Français n’est pas en train de chercher à tout bout de champs le profit financier, frôlerait-il l’indécence, par exemple.

A l’époque de François Mitterrand, on se prenait pour le phare du monde. Pas moins. Je précise, bien que ce ne soit pas le propos de cet article, que j’ai adoré cette période et les projets culturels, grands et moins grands, qui l’ont accompagnée. Grande bibliothèque, nouvel opéra,  agrandissement du Louvre, La Villette et sa Cité des Sciences (projet de Giscard en fait, mais ”réalisation Tonton”) fête de la musique, du cinéma… Au délà de tous les problèmes que la France a connus à cette époque, j’en garde un souvenir extraordinaire. Mais cette forme d’arrogance de se croire le phare du monde n’était-elle pas, malgré tout, en dépit de tout ce que cela peut avoir de déplaisant pour les autres, meilleure que de se considérer comme des minables ? L’herbe n’est ni plus verte, ni moins verte ailleurs. Il y a de l’excellent, du bon, et du moins bon partout, les problèmes ne sont pas les mêmes, c’est tout. Alors que s’est-il passé ? Pourquoi les Français passent-ils désormais leur temps à se dévaloriser, à se dénigrer ainsi ?

Quand j’étais à la fac, j’ai rencontré des gens en provenance du monde entier. Les étudiants étrangers que je côtoyais au quotidien arrivaient de tous les pays du monde pour faire leurs études à Paris, avant de vouloir retourner plus tard dans leur pays d’origine une fois le diplôme en poche ou de décider de rester en France et de s’intégrer, et mes nouveaux amis et amies étaient Sénégalais, Espagnols, Egyptiens, Mexicains, Afghans, Polonais, Colombiens, Japonais,  Iraniens,  Ivoiriens, Coréens, Algériens, Guinéens, Vietnamiens… La liste pourrait durer des pages. Non seulement c’était génial de connaître ces gens venant d’horizons différents, ils m’ont apporté de nouvelles visions du monde et un autre regard sur nous-mêmes, mais je n’ai jamais rencontré autant de gens qui aimaient aussi sincèrement et profondément la France et avaient de nous une si haute opinion. Ils nous aimaient plus que nous nous aimons désormais nous mêmes. Et quand je pense que certaines de ces personnes ont, en retour, souffert de racisme dans leur vie quotidienne d’étudiants à Paris…

Leur vision était peut-être un peu idéalisée au départ, et peut-être sont-ils par la suite parvenus à nous voir dans la globalité, avec plus de justesse, mais ils n’ont jamais perdu de vue que leur haute opinion correspondait aussi à une réalité, pas à de simples fantasmes. Cette réalité que nous-mêmes avons tendance à oublier, la routine du quotidien aidant.

Je me souviens de cette amie coréenne qui m’a dit, quelques jours avant son départ pour le Canada où on lui proposait un boulot de traductrice quadrilingue (c’était vraiment une tête, cette nana !), qu’à part l’administration étouffante (on lui avait demandé une tonne de paperasse qu’elle ne pouvait en aucun cas fournir, afin de régler une démarche administrative toute bête, toute simple, et du coup sa vie avait tourné au cauchemar pendant plusieurs semaines), la France était l’un des pays du monde où elle avait le plus aimé vivre. Pas pour son administration, évidemment, mais pour nous.

Parce qu’au delà de nos défauts (les gens ne sont pas aveugles…) qui sont si évidents pour qui ne nous connaîtrait pas en profondeur et prendrait en pleine figure le choc culturel, elle avait découvert en nous de véritables qualités humaines, faites notamment de sincérité, de passion, de sens de l’entraide et de la solidarité (même si certains croient qu’il n’y en pas pas du tout) que nous aurions tout intérêt à cultiver, avec passion, et surtout à maintenir, avec détermination.

On peut très bien s’aimer, reconnaître et apprécier ses qualités sans pour autant passer son temps à se regarder le nombril. C’est, peut-être,  finalement, la peur de tomber dans l’arrogance qui fait que les Français passent leur temps à se dénigrer. C’est tout à notre honneur, mais il faut que cela cesse.

Pour que la France retrouve l’estime d’elle-même qui, parfois, lui fait défaut et bouche sa vision de l’avenir, sans pour autant retomber dans l’arrogance, il faut tout d’abord que les Français apprennent à voir en toute chose le verre à moitié plein et non plus le verre à moitié vide, ou encore le verre,  “oh la la, je laisse tomber d’avance…”, qu’il va falloir remplir. (Cela dit, un verre à remplir avec les problèmes administratifs qui vont avec, normal que cela puisse couper les ailes des plus motivés. Mais les choses s’améliorent, je crois, de ce côté là.)

Il faut ensuite que les Français arrêtent de craindre l’échec, de se sentir minables s’ils ont raté un truc, mais considérer au contraire l’échec de façon positive, comme une excellente occasion de s’améliorer, d’apprendre de ses erreurs. Cette vision positive de l’échec est courante dans les pays anglo-saxons, tiens voilà une très bonne chose qu’on aurait tout intérêt à leur emprunter.

Et qu’ils arrêtent aussi de s’endormir sur leurs lauriers dès qu’ils en décrochent un. Le chemin n’est jamais achevé. Une réussite doit en appeler une suivante. On le voit bien dans le monde des sciences, où chaque découverte ne fait que paver le chemin vers la découverte suivante. Je crois même qu’Einstein lui-même n’a pas “trouvé” E=mc2 tout seul, mais qu’il s’est appuyé sur les travaux de prédécesseurs qui lui ont pavé le chemin. Le chemin n’est jamais un cul de sac bouché par un miroir devant lequel on s’arrête un jour pour s’admirer en se répètant en boucle, avec satisfaction, qu’on est les plus beaux.

On s’est planté ? On recommence. On a reussi ? Très bien, mais la vie continue, alors on continue vers l’étape suivante.


Le monde n’est fait que d’étapes. On n’est encore jamais arrivé nul part, et on n’arrivera sans doute jamais nulle part. C’est quelque chose que les scientifiques, mais aussi les artistes, ont parfaitement compris.



30 octobre 2017

Les saltimbanques de Beaubourg, et les autres

Cet article est un extrait de mon blog intitulé "Histoire du centre Beaubourg en vidéos". 



Les saltimbanques de Beaubourg, et les autres.

Dès son ouverture, le centre Georges Pompidou a accueilli (avec plus ou moins de coopération et de bienveillance policière... les saltimbanques étaient en effet harcelés par les autorités) sur son parvis un grand nombre d'artistes de rue : saltimbanques, cracheurs de feu, clowns, jongleurs, musiciens, fakirs et autres personnages en tout genre et hauts en couleur, qui sont vite devenus partie intégrante du paysage. 

Dès ses débuts, Beaubourg ne fut pas uniquement le centre culturel, la bibliothèque... mais il fut aussi son parvis -la "piazza"- et l'animation quotidienne qu'on y trouvait.

Avec mes copines de lycée, on allait souvent voir les spectacles, au début des années 80, et écouter chanter Claude Reboul, ce personnage pittoresque, avec son foulard rouge et sa caquette toujours vissée sur la tête. C'était lui que je préférais. Je trouvais qu'il était un peu l'âme de Paris à lui tout seul, une sorte de Gavroche adulte ou de Poulbot géant. De nos jours, il continue de sillonner les routes de France avec ses instruments fabuleux, je crois.

Il faisait vraiment partie du décor, Reboul. Pas de Centre Beaubourg sans Claude Reboul. Non, vraiment. Beaubourg sans Claude Reboul, et les autres saltimbanques aussi, bien sûr, ce n'était plus Beaubourg. 

Je me souviens très bien de certains d'entre eux. Gilbert le mime, qui m'effrayait un peu (il semblerait qu'il y ait eu un autre mec nommé Gilbert, un cracheur de feu, mais je ne me rappelle plus de lui), Claude Reboul, qui commença sur la piazza comme cracheur de feu (mais je ne l'ai jamais vu faire à cette époque) avant de tourner les manivelles de ses orgues de Barbarie, je me souviens un peu de John Guez, et aussi d'avoir vu Mouna de temps en temps sur le parvis. Mais lui, il était plutôt "philosophe de la rue" et non saltimbanque. Et puis il y avait Banana, qui faisait son sketche debout derrière sa barricade métallique, et qui tapait sur sa banane à la fin de sa chanson en criant : "à la banaaaaa-NA !". Claude Reboul parle de lui dans l'interview que j'ai mise en lien plus bas. On le voit aussi en photo dans le livre pdf également mis en lien plus bas, mais sans sa barricade. La légende de la photo dit qu'il épluchait puis mangeait sa banane, mais moi je me souviens très bien l'avoir vu à plusieurs reprises taper dessus avec un bâton, ou une baguette de chef d'orchestre, je sais plus. Comme je ne pense pas qu'il ait eu un frère jumeau faisant le même genre de spectacles, c'est évidemment du même artiste dont il s'agit. Peut-être avait-il tout simplement modifié son spectacle au cours du temps.

Les cracheurs de feu nous impressionnaient, et on se disait tout de même que c'était un peu triste de voir que certains devaient prendre de tels risques pour parvenir à gagner leur vie. Cela dit, le public de Beaubourg donnait généreusement (je me souviens quand même que Banana ne faisait plus trop recette à la fin, je l'ai parfois vu faire son spectacle avec très peu de monde autour de lui, le pauvre), et certains saltimbanques, tels Reboul qui a pu s'acheter une ferme, ont réussi à bien vivre de leur art, du moins pendant un certain temps, et/ou sont devenus célèbres.

Il y avait ceux, comme John Guez, qui faisaient participer le public à leur spectacle, en piochant quelques personnes dans la foule. On avait toujours la trouille d'être choisies, du coup on reculait prudemment, voire on se barrait carrément, quand on les voyait venir (à tous les sens du terme !).

Ca fait tout drôle de revoir leurs visages sur les photos ou les vidéos que l'on peut trouver sur Internet! 
Parfois, je reconnais l'un d'entre eux sur une photo, mais suis incapable de mettre un nom dessus, et je dois trouver l'info sur internet.  
D'autres fois, c'est l'inverse. Je lis un nom qui me dit vaguement quelque chose, mais je n'arrive pas, sans faire là aussi une recherche plus poussée sur internet, à mettre un visage dessus.

Je ne sais pas vraiment si tous se connaissaient bien (ça, très certainement) et s'ils formaient une communauté. Claude Reboul dit dans l'interview qu'il n'y avait guère de solidarité entre eux, et qu'on laissait facilement tomber ceux à qui il arrivait quelque chose si, pour une raison ou une autre, on ne les aimait pas. 

Nous, on ne les connaissait pas personnellement, tous ces artistes, mais on les voyait régulièrement et ils étaient devenus des visages, et parfois des noms, familiers.

Car à Beaubourg, il y avait aussi "nous", les jeunes du coin qui aimaient bien venir sur le parvis. 

Fréquenter le parvis avec mes copines de lycée, au début des années 80, nous avait rapidement fait connaître beaucoup de monde car cet endroit (mais aussi le Forum des Halles), était le lieu de prédilection et de rassemblement de beaucoup de jeunes de l'époque, des hippies ou plus ou moins hippies (puisqu'il en restait encore), des artistes ou plus ou moins artistes, des routards, toutes sortes de gens, parfois en rupture avec la société, parfois pas du tout, mais qui tous avaient le contact facile.

Quand on se rendait sur le parvis, on rencontrait souvent les mêmes têtes, on se mettait à papoter et, peu à peu, ils devenaient des amis, du moins des connaissances. Et puis Untel connaissait Bidule qui connaissait Machin ou Chose, et on te présentait à tour de bras à tout ce petit monde... Du coup, lorsqu'on arrivait dans le quartier, on était sûres de voir quelqu'un de notre connaissance. Les gens allaient, venaient, disparaissaient un temps, puis refaisaient surface...

Parfois, certains disparaissaient pendant des semaines, voire des mois, puis on les voyait réapparaître au coin de la rue avec leur sac à dos et raconter qu'ils étaient partis en Inde, en  Afghanistan, en Turquie, au Moyen Orient, en Asie...  On n'a jamais su si c'était vrai ou pas, mais comme c'était encore le style de l'époque de faire ce genre de trucs (partir en stop avec comme seul bagage son sac à dos, faire la manche, avec ou sans guitare -activité de toute façon habituelle chez eux-, dormir à la belle étoile ou réussir à se faire inviter) et qu'ils avaient toujours des anecdotes pas possibles à raconter à leur retour, on a toujours admis que c'était la vérité, et aujourd'hui encore, je pense que leurs récits étaient véridiques. 

Le quartier était leur tout premier point de chute à leur retour. Ils savaient qu'ils allaient y croiser des amis, des têtes connues, des personnes charitables acceptant de les dépanner s'ils avaient besoin de quelques piècettes.

Nous avons assidûment fréquenté les cafés du coin à cette époque. Leurs employés nous connaissaient par coeur. Parfois, quand on passait une après midi ensemble, on mettait tout notre argent en commun dans une boîte, peu importait qui mettait quoi car il n'y avait pas de concurrence entre nous, et on partait tous bras dessus bras dessous au cinéma ou manger quelque chose à St Michel. 

Aucune des filles ne sortait avec aucun des garçons (et vice versa). C'était juste de la camaraderie, et ça n'allait pas plus loin.

Et puis il y avait les solitaires. On les connaissait, eux aussi, mais ils n'appartenaient à aucun groupe. L'un d'eux, un jeune homme toujours élégant, qu'on avait surnommé "l'antiquaire", fouillait les caves (sans autorisation, j'imagine) et revendait sur le trottoir ou dans les cafés du coin ce qu'il y avait déniché. Dans l'un de ces cafés (dont je tairai le nom, et pourtant il n'existe même plus, de toute façon) les serveurs en avaient tellement marre de le voir arriver avec son bric-à-brac qu'ils ajoutaient systématiquement du sel dans son café, afin de le faire déguerpir. Mais lui mettait un point d'honneur à boire son expresso salé-sucré jusqu'à la dernière goutte, en essayant de cacher ses grimaces de dégoût (on a testé, et je peux vous dire, si vous ne connaissez pas ce breuvage, que c'est vraiment dégueu) puis il y retournait quelques jours plus tard proposer d'autres marchandises.

Je me souviens d'une soirée qu'on a passée en sa compagnie, une copine et moi. Il faisait nuit (j'étais censée dormir chez elle, et elle était censée dormir chez moi...), le parvis était complètement désert, et lui, il est allé y planter, en plein milieu, non loin de l'entrée du centre culturel, une vieille table qu'il avait trouvée et traînée toute la journée (cherchant sans succès à la vendre quelque part), puis il est monté dessus et s'est mis à déclamer, aussi fort qu'il a pu, des poèmes de Rimbaud. A deux heures du matin.

Il y en avait un autre, un gars vraiment intelligent mais rebelle, qui avait un bac C (maths, c'est les anciennes appellations de l'époque) mention très bien en poche, mais qui avait choisi de ne pas continuer ses études afin d'em... sa famille bourgeoise qui voulait absolument qu'il fasse médecine. On le croisait de temps en temps. Il "zonait" à droite à gauche, et tapait les copains-copines qui voulaient bien lui donner un peu de fric. Nous, on trouvait que c'était un gâchis pas possible. D'abord, un Bac C, c'était quelque chose de prestigieux, pour nous, et puis notre bac à nous (pas du tout C), ça allait bientôt être notre tour de le passer, et si on avait la chance de le décrocher, on allait essayer d'en faire quelque chose ! Je dois avouer que je ne l'aimais pas beaucoup car il avait beau être intelligent, je trouvais qu'il y avait quelque chose de faux chez lui.

Je l'ai revu sur le parvis des années après, alors que je me rendais à la bibliothèque. Il se trouvait en compagnie d'une voyante. Il n'avait pas beaucoup changé. On s'est regardés, on s'est reconnus (on dirait les premières paroles d'une chanson !) enfin, je crois qu'il m'a également reconnue vu comment il m'a regardée, mais je ne suis pas allée lui parler. Même pas pour lui demander ce qu'il devenait. 

J'avais toujours, en règle générale, gardé une certaine distance prudente avec tous ces gens. Certains d'entre eux, qui vivaient à droite et à gauche, ont probablement mal tourné, mais il faut dire qu'ils n'avaient pas la chance, comme moi, d'avoir de la famille (ou alors ils étaient en rupture avec leurs familles) et des repères dans la vie, un phare pour vous guider. J'avais beau connaître quelques jeunes à la limite de la marginalité, je ne me suis jamais laissée entraîner dans leurs galères.

J'ai fréquenté le parvis de Beaubourg et les gens que j'y avais rencontrés jusqu'en 1982, puis j'ai totalement pris mes distances et ne suis revenue dans le quartier que de temps en temps, pour les expositions, la bibliothèque, et parfois m'arrêter un moment pour écouter Reboul qui, contrairement à certains saltimbanques, n'avait pas plié bagages et était toujours au rendez vous. 

Le Beaubourg de cette époque était plein de personnages atypiques et un peu hors du temps, et avec les saltimbanques -fakirs, cracheurs de feu, artistes divers et variés- et les musiciens qui faisaient littéralement partie du décor, c'était un monde bien étrange et parfois un peu mystérieux. 


"Mais la plupart des gens qui ont connu ces artistes et l’ambiance de Beaubourg dans ces années-là ont le sentiment qu’il s’agit d’une époque révolue." lit-on dans le livre mis en lien ci-dessous. 

Et c'est tellement vrai !


Petite anecdote pour terminer, je me souviens qu'au tout début des années 80, le parvis était tellement propre qu'on s'y baladait parfois pieds nus quand il faisait beau ! On pouvait également s'allonger par terre pour prendre le soleil, et il nous est arrivé d'y pique niquer (sans poser la nourriture à même le sol, quand même... Nan, je dis ça parce que je vous vois venir, hein...) Je ne suis pas certaine qu'on pourrait encore faire tout cela aujourd'hui...


Sept 2017


***

Très intéressante Interview de Claude Reboul à la RTS (parfois le son se coupe, mais reprend ensuite). Reboul y parle de son enfance difficile, de ses débuts comme cracheur de feu, des saltimbanques de Beaubourg... Ca dure plus d'une heure mais ça vaut vraiment la peine d'écouter.

Livre passionnant pour en savoir plus sur les saltimbanques de Beaubourg. 

Voici une vidéo plus tardive, datant de 1989, montrant un artiste du parvis Beaubourg, puis Claude Reboul.





Cet article est un extrait de mon blog intitulé "Histoire du centre Beaubourg en vidéos". 

Si t'aimes pas les règles, ben t'as qu'à pas les suivre...

On est rentrés très tard de vacances hier soir, bien après minuit, donc on ne m'en voudra pas d'être un peu amorphe et HS ce matin, d'autant plus que je me suis levée, comme d'habitude, aux aurores. 

Et comme d'habitude, ou plus exactement reprenant mes bonnes habitudes matinales, je me suis plantée devant TV5Monde pour regarder le journal canadien puis le journal international.

En ce moment, été oblige, ces deux journaux sont suivis par des programmes pour les enfants que bien évidemment je ne regarde pas, et j'éteins donc le téléviseur avant qu'ils ne démarrent, mais là, ce matin, vu que j'avais un peu de mal à démarrer ma journée, je suis restée avachie sur le canapé, un peu absente, et j'ai laissé la télé allumée.

J'ai donc regardé, avant de me décider à me secouer un peu et me mettre au boulot, le programme intitulé "La Cabane à Histoires" mettant en scène quatre enfants qui se retrouvent dans une petite cabane construite, visiblement, au sommet d'un arbre, pour se raconter des histoires. C'est plutôt sympa et les gamins sont tous les quatre très mignons, mais ce qui m'a interpelée, c'est le message éducatif que l'on fait diffuser par les enfants eux-mêmes au cours de ce programme.

Je ne sais pas si c'est ainsi dans tous les épisodes puisque c'est la première fois que je regarde ce programme, mais ce matin, le thème de l'histoire était un papa dragon encourageant son fils dragounet à mettre le feu à une maison, je sais plus pourquoi (j'étais pas encore bien réveillée) pour qu'il se fasse la main, peut-être. 

Donc voilà le petit dragon parti sur les routes à la recherche d'une maison à brûler. 
La première qu'il rencontre sur son chemin est une maison de bois dont l'habitant est un petit garçon qui lui conseille d'aller plutôt mettre le feu à l'école, vu qu'il n'a pas (ou mal) fait ses devoirs et redoute de se faire interroger. Déjà, je me dis, si c'est ce genre de trucs dont on se sert pour faire rire les gamins, c'est un peu limite...
Les voilà donc tous les deux partis pour l'école, mais là ils rencontrent la maîtresse (au physique franchement très caricatural) qui dit au petit dragon, en gros : "ben non, mets pas le feu à mon école puisque les élèves t'aiment bien, tiens regarde, ils font même des dessins pour te représenter. Autrement dit, si les élèves n'aimaient pas les dragons, c'est bon, il pouvait mettre le feu à l'école. La maîtresse donne un dessin au petit dragon.
Le voilà donc reparti sans avoir mis le feu à l'école, et là je sais plus ce qui se passe mais au bout d'un moment le petit dragon retrouve son papa et lui dit qu'il a désobéi à son ordre et que les humains sont super gentils. Le papa dragon regarde le dessin, il sourit et tout est bien qui finit bien.

La caméra retourne dans la cabane et les quatre enfants commentent le comportement du petit dragon. La morale de l'histoire, elle est très simple, c'est : si t'aime pas une règle, ben t'as qu'à pas la suivre. (Ca, c'est ma façon à moi de le dire, ce n'était pas dit comme ça par les enfants, mais c'était du pareil au même de toute façon)

Alors évidemment, on se dit que le petit dragon a eu raison de ne mettre le feu nulle part, l'ordre que lui avait donné "papa dragon" était stupide, mais s'il ne l'a pas suivi, cet ordre, ce n'est pas parce que lui-même l'a remis en question de sa propre volonté mais uniquement parce qu'il a rencontré des personnes qui lui ont donné un contre-ordre, supposé (à juste titre évidemment dans le cas de cette histoire) plus intelligent que celui du papa.

Ce qui m'interpelle, c'est que cela a été transformé en généralité dans cet épisode. Si t'aimes pas une règle, ben t'as qu'à pas la suivre. Il n'a pas été rappelé que cela s'appliquait à cette histoire seulement. 

Donc, si je suis bien, le message est que si on n'a pas envie de suivre les lois du pays dans lequel on vit, ben on n'a qu'à pas les suivre. 

La morale de l'histoire aurait été : "si tu trouves stupide une règle que l'on te demande de suivre, parles-en à ton entourage, discutes-en avec eux, essaye de voir s'il n'y a pas un compromis à trouver", là j'aurais été d'accord, mais j'ai bien entendu un des gamins de la bande à la cabane annoncer fièrement qu'on n'est pas obligé de suivre les règles si on ne les aime pas. Evidemment ces jeunes acteurs n'y sont pour rien, mais leur faire dire des trucs pareils, je trouve ça totalement irresponsable. Si au moins on avait dit "les règles qui mettent ta vie ou celle d'autrui en danger, tu ne dois pas les suivre", là j'aurais applaudi, mais non, c'était "les règles". Toutes les règles. Si tu les aimes pas, tu les suis pas, c'est tout. Bonjour l'éducation...

Certes, les règles de vie dans nos sociétés ne sont pas toutes bonnes, et l'histoire (pas franchement géniale en plus, on peut faire mieux en matière d'histoire pour enfants) illustre bien ce fait, mais c'est la généralisation qui a suivi la lecture de l'histoire du petit dragon qui m'a choquée. C'est donc, je le pense sincèrement, une grave erreur éducative que de vouloir transmettre ce genre de message. 

De plus, non seulement l'histoire elle-même, mais également le dialogue qui a suivi entre les quatre enfants, sont tombés, une fois de plus quand on fait parler des enfants, dans la caricature du "l'école c'est nul", "j'ai pas envie d'y aller" et il me semble même avoir entendu, en dépit de mon état de fatigue, un des gamins dire un truc du genre "dommage qu'il ait pas brûlé l'école" mais franchement là c'est sous toute réserve, parce que j'étais vraiment pas bien réveillée.

Bref, le message éducatif transmis aux enfants, c'est : "l'école c'est nul" et "si t'aimes pas les règles, ben t'as qu'à pas les suivre".

Chers ami(e)s, chers lecteurs/lectrices de cet article de blog, tout le monde se plains que la société va mal, qu'une partie de la jeunesse est complètement paumée, et ça ne m'étonne pas, que la société aille mal, mais aussi que tout le monde se plaigne, si dès l'enfance on fourre dans la tête des gamins que l'école, c'est nul, qu'on n'a pas envie d'y retourner après les vacances, etc..., au lieu de leur dire que l'école c'est génial, qu'ils vont apprendre plein de choses super intéressantes, au lieu de les faire aimer et s'intéresser à ce qui, finalement, fait leur vie quotidienne (ils passent tout de même la plus grande partie de leurs journées à l'école). Bref, on fabrique des futurs petits dépressifs.

Encore un truc typiquement Français de faire ça, de dénigrer l'école devant les gamins eux-mêmes, écoutez autour de vous, vous allez voir... alors qu'ici, en Angletterre, personne ne dit jamais ce genre de trucs aux gamins.

Alors si, en plus de ça, on leur met dans la tête que les règles (toutes les règles, en "règle générale" si je peux dire...) ne valent que si on décide, individuellement, de les suivre... 

Comme si un gamin aussi jeune avait, de toute façon, la capacité d'évaluer quelle règle de société, ou règle de vie, est bonne et quelle autre doit être transformée, voire abandonnée ! Comme si, également, le fait de suivre des règles de société était par nature rasoir, vieux jeu, pas moderne, pas "cool" comme style éducatif.

Je me demande si je vais trop loin en disant qu'on risque alors de fabriquer quelques futurs petits délinquants ? En tout cas quelques gamins devenus incapables, à l'âge adulte, de vivre en société, en bonne harmonie avec les autres.

Bref, pour ces deux raisons, à cause de ces deux messages véhiculés par ce programme, à savoir critique systématique de l'école (n'oublions pas non plus la maîtresse au physique ingrat, limite ridicule) et critique systématique des règles à suivre dans la société (au prétexte de ne pas suivre de mauvaises règles racontées dans une histoire pour enfants), j'ai trouvé que ce programme, en tout cas l'unique épisode que j'ai regardé, ne montrait pas du tout aux enfants le bon chemin à suivre dans la vie, et était limite désastreux au niveau éducatif.

30 août 2017

Comment cacher un article sur Blogger ?

Il y a des systèmes de blogs qui autorisent l'ouverture d'articles par mots de passe, ce qui est pratique si vous souhaitez qu'une seule personne, ou un groupe de personnes, lise l'un de vos articles, et seulement eux. Vous lui attribuez un mot de passe, et le tour est joué. Il vous suffit de communiquer le mot de passe à toute personne autorisée à lire l'article. Blogger ne propose pas ce service. Comment faire, dans ce cas, pour mettre un de ses articles à la disposition d'un nombre restreint de personnes ?

Vous allez me dire, pourquoi un bloggeur voudrait restreindre l'accès à l'un (ou plusieurs) de ses articles ? Chacun peut avoir ses raisons. Un professeur, par exemple, peut vouloir ouvrir une page pour chacun de ses élèves, que l'élève seul pourra consulter. Oui, d'accord, vous allez me dire, mais dans ces cas là il ne choisira pas Blogger, il ira voir ailleurs, sur Wordpress par exemple. Bon, bon, ok... Mais laissez moi quand même écrire mon petit papier sur la façon de cacher un article sur Blogger...   ;-)

Alors, on trouve plusieurs méthodes sur Internet pour cacher un article sur Blogger, toutes aussi compliquées les unes que les autres, codes html à ajouter, dates à modifier... alors qu'il y en a une toute simple et toute bête, mais alors vraiment bête comme chou, qui consiste simplement à attribuer à votre post une catégorie spécifique, que ce post sera le seul à avoir, et à cacher cette catégorie ! Voilà, c'est tout. 


Mais attention, cette méthode ne marche que si vous avez au préalable installé une page statique sur votre blog, pas si vous le laissez en configuration "blog", avec les articles en file indienne les uns sous les autres, si vous voyez ce que je veux dire. Si vous le laissez en configuration blog, l'article s'affichera publiquement même si vous avez caché la catégorie. Je sais, Blogger c'est vraiment pénible comme service de blog, mais il y a pire.


Les catégories, sur Blogger, se nomment en français des "Libellés". Lorsque vous écrivez un article, vous lui attribuez un libellé. Eh bien là vous faites pareil, mais ensuite vous cachez ce libellé pour qu'il n'apparaisse pas sur votre blog dans la liste des catégories, que l'on place en général dans la colonne latérale de droite (certains préfèrent des colonnes à gauche). 

Regardez, c'est fastoche !

- Tout d'abord, une fois votre article enregistré (ne le publiez pas, enregistrez le seulement), regardez dans votre panneau de configuration votre colonne de gauche et cliquez sur "Mise en page" :



Puis, vérifiez si vous avez déjà un gadget pour les libellés.



Si vous en avez un (flèche orange), cliquez sur modifier.
Si vous n'en avez pas, cliquez sur ajouter un gadget (flèche bleue)


Lorsque vous ajoutez un gadget, vous allez avoir une petite fenêtre qui s'ouvre, avec ceci :


Faites descendre l'ascenseur, jusqu'à trouver ce gadget :



Cliquez sur le petit + , et ceci va s'ouvrir :



Donnez le titre que vous voulez à votre gadget, ou même pas de titre du tout, puis choisissez, sur la ligne "Afficher", "Libellés selectionnés". 


Ceci va s'ouvrir :



La liste que vous voyez, ce sont mes catégories à moi. Une fois qu'elle s'est affichée, il vous suffit de décliquer une catégorie si vous ne voulez pas qu'elle apparaisse. 

Pour ma part, je n'ai pas mis de page statique sur mon blog, donc cette méthode ne marchera pas. La preuve, regardez :



Vous voyez que l'article sur Bjorn Borg apparait dans la colonne des articles, au milieu, alors que j'ai décliqué la catégorie appelée "Eh oui, j'adore" (qui n'apparait donc plus dans la colonne de droite). 

Donc, je le répète, cette méthode ne marche que si vous avez une page statique. 

Mais c'est quoi, une page statique ? 
Eh bien c'est quand vous choisissez l'une de vos pages (attention, pas un article, mais bien une page) qui apparaîtra en permanence sur la page d'accueil de votre blog. (1)

En créant une page statique, vous n'aurez plus, dans la colonne du milieu, les articles listés les uns après les autres. Les différents articles ne seront visibles que lorsque vous cliquerez sur le nom d'une catégorie.

Vous n'aurez plus non plus, sur votre page d'accueil, les boutons de navigation "older post", "menu" et "newer post" (en français, anglais ou autre) tout en bas de votre page, qui vous permettent de passer d'un article à l'autre au sein de cette catégorie.



Ca peut être intéressant d'avoir une page statique si vous voulez, par exemple, souhaiter la bienvenue sur votre blog, du genre : "Bienvenue sur mon blog, pour lire les articles veuillez cliquer sur la catégorie qui vous intéresse, dans la colonne de droite", ou mettre une grande photo de vous et dire "c'est môa". 
Le système des pages statiques a été fait pour les personnes qui veulent les fonctionnalités d'un blog, mais une présentation qui se rapproche, sur la page d'accueil, d'un site internet classique. 

Personnellement, je préfère la configuration "blog". D'abord, je préfère que les personnes qui se rendent sur mon blog voient immédiatement les derniers articles publiés. Mais j'aurais très bien pu mettre en page statique ma page intitulée "Bienvenue sur mon blog. Qui suis-je ?" Le problème, c'est que c'est bien pour les nouveaux visiteurs, mais chaque fois que quelqu'un revient sur votre blog, il tombe sur votre page statique, toujours la même si vous ne la changez pas régulièrement.
De plus, je ne suis pas quelqu'un qui a besoin de rendre certains de ses articles accessibles à une seule personne, comme un professeur pourrait le faire s'il souhaite communiquer quelque chose à un élève en particulier (je sais pas, une correction par exemple). 

Bon, maintenant, pourquoi l'article caché doit-il être le seul à être référencé sous cette catégorie ? Tout simplement parce que tous les articles de cette catégorie seront visibles pour la personne à qui vous avez donné le lien, parce que tout en bas de la page, on retrouvera "older post", "menu" et "newer post", et la personne pourra donc lire les autres articles de cette catégorie. C'est justement ce que vous ne voulez pas. 

Alors évidemment, vous risquez de vous retrouver avec une liste interminable de libellés cachés à gérer. Autant de libellés que vous aurez d'articles cachés. Mais ne vous inquiétez pas, Blogger a les épaules solides. 

Je disais plus haut que Blogger est casse pieds, c'est vrai, mais je l'ai choisi quand même parce qu'il est intègré dans la suite Google, le Big Brother de l'Internet, à qui il appartient. C'est très pratique. On peut lier son blog à un compte YouTube, ou à Google+... Il faut juste oublier le côté "Big Brother". 

Blogger est évidemment beaucoup plus limité dans ses possibilités qu'un blog Wordpress (pas wordpress.com, mais wordpress.org, que vous hébergez chez un prestataire), mais ça me suffit pour ce que j'ai à faire, et en plus c'est gratuit. 

Donc voilà, si vous êtes de celles et ceux qui peuvent avoir besoin de rendre certains articles accessibles à une seule personne, ou un groupe de personnes seulement, commencez par mettre une page statique sur votre blog, puis ensuite allez décliquer les catégories que vous ne voulez plus voir. 


31 juillet 2017


(1) Page statique. 
Dans votre panneau de configuration, vous cliquez sur "Paramètres", puis sur "Préférences de recherche", puis vous voyez "Redirections personnalisées" ("custom redirect" si votre blog est en anglais), c'est là que ça se passe. Cliquez sur "Modifier". 

- Sur la première ligne ("de" ; "from"), ne tapez qu'un slash : 
 / 
- Sur la deuxième ligne, entrez l'adresse web de la page que vous voulez mettre en page statique, enfin, la fin de l'adresse car le début est déjà entré. Cela ressemblera à :
/p/lenomdevotrepage.html

Cliquez ensuite sur "Permanent" et enregistrez le changement effectué. 

Même pas la peine de changer le code html pour mettre une page statique. (Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir changer le code html ??)

Excellente vidéo de présentation

Je me suis bien amusée en regardant cette excellente vidéo de présentation du nouveau centre commercial Vill Up de La Villette. Les gens restent vraiment immobiles durant le tournage ? Ce n'est pas truqué ? C'est tellement bien fait que j'en viens même à avoir des doutes ! Mais si c'est le cas, alors là, un grand bravo à tous ces gens qui ont participé à cette vidéo, ils sont formidables ! Aucun ne bouge un cil, et les postures sont parfois très marrantes. Ils sont super !  😊

Je ne sais pas si j'irai un jour visiter ce centre commercial, car les centres commerciaux ne sont pas ma tasse de thé, mais en tout cas je salue cette nouvelle réalisation.

Quant à moi je m'excuse auprès des lecteurs de ce blog (si, si, il y en a un certain nombre ! J'en suis la première étonnée !) de n'y écrire en ce moment que de courts articles peu développés, je tâcherai de faire mieux à l'avenir.

Bon, pour revenir à cette vidéo, la voici, "embedded" (sais pas comment on dit ça en Français) depuis YouTube :



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Wari, Mediterraneo, Star Parade et bien d'autres...

Je salue rapidement dans ce court article la grande qualité de la chaîne TV5Monde, une chaîne sans publicités (ça fait du bien...) dont les programmes sont, dans la grande majorité des cas, choisis avec soin. Une qualité parfois comparable, selon moi, à celle d'Arte que je ne peux malheureusement plus regarder.

On envisage peut-être de se faire poser un satellite pour recevoir la télévision française, et là nous aurions toutes les chaînes de l'hexagone, mais c'est tout de même dommage de payer pour ne finalement regarder qu'un petit nombre de programmes : premièrement je vais radoter en répétant pour la millionnième fois que je n'ai pas le temps, ni de regarder la télé, ni pour bien d'autres choses, j'écris de plus en plus rarement dans ce blog et j'ai complètement mis de côté pour l'instant l'écriture de mon second roman (mais ça ne me dérange pas parce que je n'ai de toute façon pas envie d'écrire en ce moment) et deuxièmenent les programmes ne sont pas tous d'excellente qualité. Pour le peu de temps dont je dispose, la sélection proposée par TV5Monde est largement suffisante. Ne pas oublier non plus que je ne regarde pas que cette chaîne, certaines chaînes britanniques offrant aussi d'excellents programmes.

Mais le matin, avant de me mettre au boulot, puisque je "télétravaille" comme on dit de nos jours, j'aime bien consacrer un peu de temps à regarder quelques émissions. 

Tout d'abord, tôt le matin, il y a le journal canadien. Il démarre à 7 heures, heure de la GB, mais j'en rate environs le tiers, ou les deux tiers selons les jours, pour cause de préparation matinale et de petit déjeuner. C'est ainsi que j'apprends plein de choses très intéressantes sur la vie au Canada, surtout au Canada francophone. Le Canada semble un peu en froid avec les Américains en ce moment au sujet du bois de construction. Difficile de tout suivre et de tout comprendre quand on rate la moitié du journal, mais je crois qu'il s'agit de concurrence entre le bois canadien et le bois américain (surtout celui en provenance de l'Orégon). Beaucoup de reportages sur les demandes d'asile de réfugiés également. Ce matin, il a été annoncé (le journal est en fait celui de la veille au soir) que les citoyens mexicains n'auront plus besoin de visa pour se rendre au Canada, ce qui va augmenter les demandes d'asile. Les Canadiens ne sont apparemment pas très chauds pour accorder l'asile aux citoyens du Mexique car, en dépit de la violence, ils considèrent ce pays comme sûr, ce que démentent les Mexicains. Une demande sur dix seulemment est acceptée.

Parfois je fais du zapping entre le journal canadien, lorsque le reportage m'intéresse moins, et la BBC1 et son journal du matin.

Puis il y a le journal international, présenté par différentes personnes selon les jours. 

Suivent différents programmes. Je les regarde... quand j'ai le temps bien sûr !

TV5Monde ayant des horaires différents selon les pays, ici le programme est :

Lundi, c'est Afrique Presse, un programme de très bonne qualité mais que je regarde très peu car il s'agit de débats de fond sur des sujets politiques que je ne maîtrise pas du tout, et sur des gens (par exemple des leaders de l'opposition dans tel ou tel pays) dont je n'ai jamais entendu parler. Je devrais le regarder plus souvent pour améliorer ma culture, d'autant que les deux présentateurs (qui alternent) et les invités sont tous excellents et super intéressants, mais je n'ai jamais beaucoup aimé les débats, je dois l'avouer. J'ai besoin de plus d'images d'extérieur, des reportages. En plus c'est vraiment totalement politique comme émission, et vous le savez si vous me connaissez, moi et la politique...

Mardi, c'est Maghreb Orient Express, une émission culturelle sur les arts et artistes des pays du Maghreb et du Moyen Orient. Mohamed Kaci, le journaliste qui présente cette émission, est lui aussi excellent et je regarde avec plaisir, car ça me fait découvrir des artistes, musiciens, écrivains, etc... et d'autres personnalités du monde culturel dont je n'avais parfois (enfin, disons le clairement, la plupart du temps) jamais entendu parler.

Mercredi c'est Wari, l'émission sur l'économie de l'Afrique. Je trouve cette émission passionnante. D'abord, ce ne sont que des reportages, et ensuite, on voit à quel point les initiatives sont nombreuses et variées, et ce à tous les niveaux, pour contribuer au développement des pays de ce continent. On parle des problèmes, des obstacles à surmonter, mais on parle aussi des réussites, du développement très rapide dans certains pays, et des partenaires économiques qui épaulent les projets. Je trouve que les gens sont très efficaces en Afrique, ils connaissent super bien le terrain, ils connaissent également parfaitement les problématiques et les besoins, ainsi que les moyens de résoudre les problèmes lorsqu'il y en a. J'apprends beaucoup grâce à cette émission.

Jeudi, alors là c'est ma préférée. Je conseille à toutes et tous, où que vous soyez, y compris en France si vous avez TV5Monde avec vos horaires, de regarder Mediterraneo. J'aime tout dans cette émission, même les génériques de début et de fin. D'excellents reportages concernant la vie culturelle et la vie quotidienne des habitants de tous les pays mediterranéens, sud de la France y compris. Un magnifique voyage hebdomadaire à la rencontre de gens formidables, de paysages magnifiques, de vestiges culturels majesteux, et d'autres cultures en général. Cette émission là, j'essaye de ne jamais la rater, et je dois dire que si le travail ne me laisse pas le temps de regarder un peu la télé le matin, je zapperai toutes les émissions de la semaine sauf celle là.

Le vendredi... alors là je vais être moins tendre. J'ai beaucoup aimé Star Parade, le "tour d'Afrique en musique", lorsque j'ai commencé à regarder cette émission, parce que je la découvrais, mais lorsqu'on la regarde régulièrement, on finit par se rendre compte d'un manque total de diversité dans le choix des vidéos et des genres musicaux. C'est toujours les mêmes trucs qui reviennent, et je me demande si ça ne correspond pas tout simplement aux goûts personnels du présentateur Boncana Maïga, qui est, apparemment, passionné par la musique congolaise, ça tombe mal parce que c'est justement ce que j'aime le moins (et ça a toujours été le cas en ce qui me concerne) dans toute la riche et large panoplie des musiques africaines. Je m'excuse auprès des Congolais si certains venaient à lire cet article, j'espère ne blesser personne, mais le fait est qu'on ne peut malheureusement pas tout aimer. Mes goûts musicaux personnels ne correspondent visiblement pas, mais alors pas du tout, à ceux du Maestro, comme l'aiment à l'appeler ses invités. Lui est très sympa par contre, c'est juste son style de musique qui clashe avec le mien. 
J'aime bien écouter un peu de musique congolaise, j'ai entendu des trucs sympas, un peu ça va, mais je trouve que c'est toujours pareil, un peu comme le coupé décalé qui est sympa, mais ça va à petite dose, là aussi. Du coup, vu qu'il est passionné par le Congo, et cela est d'ailleurs souvent rappelé dans l'émission, il inonde Star Parade de tubes congolais à la qualité parfois très inégale, certaines semaines il n'y a même que des artistes congolais ou presque, et non seulement je n'ai pas beaucoup d'affinités avec le style congolais, mais en plus les vidéos qu'ils font pour accompagner les morceaux... hem, hem... à revoir de fond en comble. 
Parfois ses choix musicaux se portent également sur des morceaux mélangeant rythmes africains et rap. Bon, c'est pas trop mon truc mais j'écoute par curiosité, parce qu'il ne faut pas non plus se fermer comme une huitre, j'aime découvrir de nouveaux genres et il peut y avoir du bon dans ceux là. Là au moins ça a le mérite de me surprendre et me faire découvrir quelque chose de différent, même si au bout du compte je n'aime pas trop, ou pas du tout.
Ce manque de diversité dans cette émission m'agace de plus en plus. Le "Tour d'Afrique en musique" se limite avec lui au Congo, chaque semaine vous aurez votre dose massive de musique congolaise, que ça vous plaise ou non (en tout cas, lui se fait plaisir...), au Cameroun... puis viennent loin derrière la Guinée, le Sénégal, parfois le Mali ou le Nigeria... mais ça reste toujours dans le même périmètre géographique et jamais il ne va faire découvrir au téléspectateur des musiques du Mozambique, par exemple, ou de l'Angola (j'ai écouté des trucs formidables de ces deux pays), ou je sais pas, moi, du cap Vert, du Kenya, de l'Ethiopie, de l'Afrique du Sud... avec lui, le tour d'Afrique est un tour très restreint. 
J'ai regardé ce matin, et à part la chanteuse sénégalaise Maréma (et c'était une rediffusion, il avait déjà passé ce clip il y a quelques mois) qui a chanté un truc sympa, je n'ai pas aimé du tout, du tout, le programme proposé. Jusqu'à présent je continuais à regarder parce que j'avais peur de rater justement l'artiste que j'allais aimer, le nouvel artiste que j'allais découvrir, et c'est vrai que j'ai découvert quelques artistes vraiment intéressants grâce à son émission, mais si je fais le bilan, voilà peut-être, très certainement même, une émission de TV5Monde que je vais définitivement zapper. C'est dommage, surtout pour une personne comme moi qui suis depuis de très nombreuses années (au moins 25 ans) passionnée par les musiques africaines. Mais sa sélection manque cruellement de diversité et parfois il diffuse également des trucs de mauvaise qualité, c'est dur de l'admettre, mais malheureusement il faut bien le dire et le reconnaître. Ce matin, par exemple, ce fut le cas. 

En dehors de ces émissions, TV5Monde diffuse d'excellent films, j'aime surtout les classiques français, en couleur ou noir et blanc (qui passent tôt dans la soirée, pas le genre "Cinéma de Minuit" si vous voyez ce que je veux dire...), je ne regarde jamais les séries qu'ils proposent donc je ne peux donner mon avis, et on regarde quelque fois les films quand on le peut (avec les sous titres pour aider mon mari pas encore bilingue), je ne sais pas si ces sous titres sont fournis par la chaîne TV5Monde elle-même ou par notre Skybox TV, mais parfois ils s'affichent en plein milieu de l'écran, du coup on ne voit plus l'image et j'ai envie de dire "euh... ton père était verrier ?" truc qui ne veut absolument rien dire du tout, mais que certaines personnes disent quand quelqu'un se plante devant le poste de télévision et empêchent les autres de regarder.

De plus, comme je le disais plus haut, une chaîne de télévision sans publicité, ça fait du bieeeeen... Pas de pub non plus à la BBC, par contre c'est horrible sur les autres chaînes d'avoir toutes les dix minutes le film ou l'émission coupée par une avalanche de publicités. 

C'est marrant comme je peux détester la pub, et en même temps adorer regarder sur YouTube de vieilles pubs, on en trouve pas mal qui datent des années 50 à 80 et bien sûr au delà, mais ça, ce sera l'objet d'un prochain article sur ce blog.

Quand j'aurai le temps, bien évidemment...


23 Juin 2017.