09/06/2020

Quelques réflexions personnelles, retour sur novembre 1986 : loi Devaquet, manifestations, Malik Oussekine... George Floyd, violences policières.

L'autre jour, sur Agoravox, j’ai mis un commentaire expliquant qu'à mon avis, Wikipedia est un instrument idéal de manipulation des faits historiques, et que chacun pouvait réécrire l’article à sa guise, ou plus simplement y ajouter une information supplémentaire, voire un élément contradictoire. Je ne sais pas si ce commentaire est pertinent ou pas, en tout cas en voici un extrait ci-dessous.



Si les contenus de Wikipedia n’étaient pas vérifiés, certains articles en viendraient presque à ressembler à des batailles de rédacteurs. Concernant les styles de rédaction qui sont différents d’un de paragraphe à l’autre, et le fait qu’il est flagrant que d’autres rédacteurs viennent ajouter leur point de vue, donc parfois contradictoire, j’ai vu cela sur des sujets très polémiques comme le Tibet où Israël, qui me semblent être les deux sujets d'actualité déchaînant le plus les passions, ou plus exactement les haines.

Je n'avais pas envie de donner un lien, dans mon commentaire Agoravox, pour illustrer mes propos car, comme je viens de le dire plus haut, les deux seuls exemples qui me sont venus à l'esprit étaient le Tibet et Israël, et je ne voulais surtout pas que le fil de commentaires sous l'article ne dérive vers les sempiternelles discussions houleuses, voire haineuses, qui se produisent systématiquement dès qu’on aborde ces deux sujets. Je suppose que vous connaissez Agoravox... Ça n’aurait pas été un service à rendre à l'auteur.

Ce que j'ai oublié de mentionner dans le commentaire, c'est qu'il y a parfois des différences flagrantes entre les articles de Wikipedia écrits en différentes langues.

Dimanche matin, je racontais à mon mari les manifestations étudiantes de 1986 contre la loi Devaquet, auxquelles j'ai participé, qui se sont achevées de façon dramatique, tout le monde s’en souvient, par la mort de Malik Oussekine. Nous en sommes arrivés à parler de cela tout d'abord en raison de la mort récente de George Floyd, tué par la police dans une ville américaine, et plus généralement dans le cadre d'une discussion sur les violences policières.

Nous nous sommes connectés sur Wikipedia, afin de voir rapidement ce que l'encyclopédie en ligne disait sur la question de Malik Oussekine. Et là, quelle ne fut pas notre surprise de constater que le Wikipedia en anglais donnait des informations complètement différentes de celles trouvées sur le Wikipedia en français !

En effet, le très court article Wikipedia en anglais indique que Malik Oussekine est décédé pendant sa garde à vue (« police custody »), alors que l'article en français relate les faits tels qu'ils se sont produits (jusqu’à preuve du contraire). Je ne sais pas où diable le Wikipedia en anglais a pioché cette information, à savoir que Malik Oussekine serait donc passé par la case commissariat, puisque les images télévisées elle-mêmes montrent clairement Malik Oussekine, gravement blessé, en arrêt cardiaque, directement embarqué dans l’ambulance depuis la rue, tandis qu’on essayait de faire redémarrer son coeur. Ces images sont épouvantables à regarder et, encore aujourd’hui, elles me serrent le cœur et me révoltent. En les revoyant, je me suis même surprise à penser, une fraction de seconde : « tiens le coup, surtout ne meure pas ! » avant de réaliser soudain, comme si je me réveillais brusquement d’un mauvais rêve, que le jeune homme est mort il y a plus de trente ans… C’est dans ces moment là qu’on aimerait bien pouvoir réécrire l’histoire…




Cette discussion sur les manifestations étudiantes de 1986 a fait resurgir dans ma tête de nombreux souvenirs.

Il s’est passé beaucoup de choses durant cet espèce de mai 68 (nous, les étudiants, en plus de refuser d’être récupérés par un quelconque parti politique, rejetions cependant toute référence ou comparaison avec le mouvement de nos aînés, sauf pour le qualifier de : « vieux ». C’est ainsi que naquit le slogan : « Mai 68 c’est vieux, novembre 86, c’est mieux ! ») cet espère de second mai 68 (avorté), disais-je, qui nous a vu tout d’abord rallier progressivement le mouvement de grève des cours, initié par Villetaneuse si mes souvenirs sont bons, nous réunir dans les amphis de nos facs respectives pour nous rencontrer, discuter, débattre, organiser des comités, créer un journal, puis fabriquer, à même le sol des couloirs de l’université, les banderoles en drap que nous allions brandir fièrement lors de notre prochaine manifestation.

Je dis « rallier progressivement » en parlant de la grève, parce que tant que les professeurs n’étaient pas en grève eux-mêmes, les cours ont continué à être assurés. Ils ont été ovationnés lorsqu’ils se sont joints à leurs étudiants et que tous les cours se sont arrêtés.

Personnellement, je n’étais pas à 100 % contre le projet Devaquet. Il me semblait en effet que, dans certains cas, la sélection des étudiants à l’entrée d’un cursus n’était pas complètement à rejeter.
Je ne sais pas comment cela se passe de nos jours, je crois qu’il faut se pré-inscrire, une fois le bac en poche, sur un site internet, et qu’il y a dans certains cas une forme de sélection, visiblement acceptée de tous (comme quoi…), pour être admis dans la filière de son choix, mais à l’époque, il n’y avait aucune sélection, à part celle de la loi du plus fort (et bien sûr celle consistant à avoir réussi son bac !), et en conséquence, il fallait jouer des coudes pour parvenir à obtenir une place dans le cursus qui nous intéressait. Une place tout court à l’université, d’ailleurs !

C’était la loi du premier arrivé, premier servi. Une forme de sélection, donc, mais hypocrite, celle là. Certains jeunes campaient littéralement (avec leurs sacs de couchage, ce n’est pas une blague) devant les portes de l’université pour être les premiers arrivés, le matin, dans les bureaux de la « scolarité » et parvenir à s’inscrire.

Beaucoup repartaient bredouille, parce que quand vous avez deux mille aspirant-étudiants devant une porte pour un cursus précis, ben forcément il n’y en a pas pour tout le monde, même si on vous raconte que tout le monde a théoriquement le droit d’y être admis. Il arrive un moment où les secrétaires informent du fait que telle filière est pleine, et qu’il n’y a plus de place.

Une autre forme de sélection, c’était quand les secrétaires vous ballotaient d’un bureau à un autre, c’était jamais le bon bureau pour s’inscrire, ou quand il manquait toujours un papier pour vous inscrire, ou alors quand on vous disait, ce qui m’est arrivé personnellement : « je ne peux pas vous inscrire tant que vous n’avez pas pris la sécu étudiante », et qu’à la sécu étudiante, on vous répondait : « on ne peut pas vous la donner, la sécu, tant que vous n’avez pas votre carte d’étudiant »… Le truc à se taper la tête contre les murs.

Une de mes copines de lycée a réussi à s’inscrire parce qu’elle avait la chance d’être de grande taille, et que par conséquent elle a pu ainsi attraper plus facilement un des formulaires d’inscription distribué, presque jeté comme des cacahuètes à des singes dans un zoo, par une secrétaire debout sur une table ( !), entourée d’une meute de lycéens hurlant et gesticulant qui se battaient littéralement, les bras levés, pour parvenir à obtenir leur sésame pour l’avenir ! Je ne peux pas vous jurer que cette histoire de secrétaire perchée sur une table est vraie puisque je n’y étais pas, en tout cas je peux vous assurer que cette copine m’a bien raconté ça et, la connaissant, je n’ai pas eu le moindre doute sur la sincérité de son récit, d’autant plus qu’elle avait l’air très choquée en le racontant.

Des personnes motivées et chanceuses réussissaient donc à s’inscrire, pourvu qu’elles soient de grande taille, ou bien campent devant les portes de la fac… et les recalés n’étaient pas forcément les moins motivés ni les moins méritants.

A l’opposé, j’ai vu des gens parvenir à s’inscrire, puis quitter l’université après y avoir passé quelques mois, voire quelques semaines seulement, à glander. Littéralement glander. Je me souviens d’une prof qui nous avait dit que certains de ses étudiants ne cachaient même pas le fait qu’ils s’inscrivaient juste pour avoir la sécu. Certains s’inscrivaient dans des filières de langue alors qu’ils ne maîtrisaient pas le niveau élémentaire de la conversation de base. Parce qu’ils étaient arrivés les premiers le jour de l’inscription, ou que d’une façon ou d’une autre ils étaient parvenus à décrocher une carte d’étudiant, ils avaient pris la place d’un autre, plus méritant et plus motivé à suivre les cours. Si ces personnes avaient subi un petit test (même un test basique, pas un truc du niveau concours de grandes écoles, bien sûr) pour vérifier leur connaissances, il est évident qu’ils n’auraient jamais été admis. Finalement, ça leur aurait rendu service même à eux, car ils n’auraient pas perdu un trimestre dans une formation qui n’allait de toute façon les mener à rien. Pour une filière comme les langues (on appelait cela LVE ou LEA à l’époque), je ne voyais pas où était le problème d’imposer une forme ou une autre de sélection.

Du coup, à cause de la surpopulation dans les facs, les amphis de nombreuses filières étaient si bondés au début de l’année que beaucoup d’étudiants n’avaient d’autre choix que de s’asseoir sur les escaliers, entre deux rangées de pupitres, et de prendre leurs notes avec leur cahier sur leurs genoux (il n’y avait pas d’ordinateurs portables, à cette époque, et on se débrouillait très bien sans, mais si, mais si…). Magnifiques conditions de travail… On commençait à y voir un peu plus clair après le premier trimestre. C’était le même foutoir, excusez le gros mot, dans les TD, en début d’année.

J'ai mis deux ans à parvenir à me trouver une place à l’université après mon bac (je n’ai jamais accepté l’idée de devoir camper devant les portes de l’université, et de toute façon je n’avais pas de sac de couchage…), deux années que j’ai occupées à travailler ici et là pour me faire un peu de fric. Je ne regrette pas du tout cette période, ça a été très formateur et très positif, de plus j’ai pris goût à ces « petits boulots » que beaucoup de gens tendent à mépriser, et j’ai continué ensuite à bosser une fois devenue étudiante. 
L’été, je travaillais chez Félix Potin (pour ceux qui s’en souviennent… Félix Potin, on y revient, ha ha !) et durant l’année, je travaillais deux jours par semaine à temps plein comme vendeuse. 
J’ai fait plein d’autres choses, comme jobs. Je n’avais pas d’autre choix que de travailler durant mes études, puisque je n’avais pas un radis, mais j’ai beaucoup aimé ces jobs, surtout celui chez Félix Potin (j’ai toujours été intéressée par le monde des supermarchés. Quand j’étais môme à la fin des années 60, c’était pour moi une fête d’aller au supermarché, allez savoir pourquoi…) et je n’ai donc pas du tout mal vécu le fait de devoir travailler comme c’est parfois le cas pour certains étudiants qui le vivent comme une contrainte qu’ils utilisent malgré tout par la suite pour valoriser leur CV. 

Moi (moi je moi je…), donc, qui avais mis deux ans à parvenir à me trouver une place à l’université après mon bac, puis qui avais sérieusement bossé ensuite pour obtenir mon DEUG, je savais la chance que j’avais d’être enfin étudiante, et j’étais vraiment réticente à l’idée de me mettre en grève et rater les cours de licence.

D’un autre côté, je comprenais parfaitement qu’en règle générale, suivre des études ne devrait pas forcément avoir un but utilitariste, ce qui semblait être une des visées du projet, et qu’il n’était pas question, par un processus de sélection qui aurait risqué d’être injuste, de barrer la route à des personnes désirant sincèrement s’inscrire à l’université dans des filières ou les prérequis n’étaient pas nécessaires comme, je sais pas moi, la sociologie ou la philo par exemple. On pouvait très bien s’inscrire en philo sans jamais avoir fait de philo au lycée. C’est probablement toujours le cas, d’ailleurs, et tant mieux.

Moi-même, si j’avais dû subir une sélection à l’entrée de l’université dans l’une de ces deux filières (qui ne sont pas celle que j’ai suivie), il est fort possible, voire même probable, que j’aurais été recalée si la sélection était basée sur les notes du lycée (la sélection se basant vraisemblablement sur le dossier scolaire). Si la sélection s’était faite sur un test de connaissances, j’aurais probablement été recallée aussi !

J’étais parfaitement capable intellectuellement de suivre des études (et je voulais absolument entrer en fac, car je voulais à tout prix devenir étudiante) mais j’avais tellement séché les cours au lycée (y compris les interrogations écrites elles-mêmes, faut le faire !), les deux dernières années de première et de terminale, que mes notes étaient, euh, comment dire… plus que moyennes dans de nombreuses matières. J’ai même failli me faire renvoyer du lycée que je fréquentais. Une convocation dans le bureau de la « dirlo » après le conseil de classe (directrice qui d’ailleurs était absente du bureau, ouf !, lorsque je m’y suis présentée, la mine déconfite et dans mes petits souliers) a suffit à me faire peur et remettre les choses en ordre (pas parce que j’avais peur de me faire virer, mais par peur de la réaction de ma famille si cela se produisait). Mais c’était bientôt la fin de l’année, j’avais raté une énorme partie du programme et n’avais pratiquement rien fichu. Cela dit, je reconnais qu’ils ont été vachement patients avec moi : ils ont mis près de deux ans à me convoquer ! Ou peut-être à se rendre compte de mes absences répétées ? Pourtant, mes bulletins de fin de trimestre mentionnaient régulièrement des « trop d’absences », « jamais là », « jamais vue en cours » ou encore « dispensée ? » (ça, c’était pour le sport…) mais qui sait, après tout…

J’ai eu une chance dingue au bac Français, en fin de première, car j’ai été interrogée sur le seul texte que j’avais bossé ! Sinon, j’aurais improvisé, bien obligée, mais ça n’aurait sans doute pas été bien brillant... L’année suivante, j’ai commencé à travailler pour le bac final quinze jours seulement avant les épreuves. Il n’était pas question que je rate ce bac, je le savais, car pour commencer cela aurait déçu ma famille, ensuite je voulais absolument entrer en fac, c’était comme vivre dans un monde merveilleux pour moi, la fac, et puis pour finir, je ne suis pas sûre que j’aurais eu le courage de redoubler, et passer encore une année au lycée et retenter l’examen.

J’ai mis les bouchées doubles, triples même, j’ai bossé une bonne douzaine d’heures par jour à la maison, parfois plus, sans faire la moindre pause, j’étais épuisée mais j’ai rattrapé tout le programme dans toutes les matières, et je ne sais par quel miracle, mais j’ai décroché l’examen sans même avoir à passer le rattrapage ! Je n’en revenais pas moi-même ! Cela dit, je déconseille très fortement de suivre ma « méthode » de travail de l’époque.

On peut très bien réussir parfaitement sa vie sans avoir jamais eu le bac, plein de gens en sont l’illustration, et puis ce dossier scolaire n’a finalement pas été un handicap dans ma vie, mais par contre je regrette quand même un peu de ne pas m’être forcée à plus d’assiduité au lycée, de ne pas avoir compris que j’avais la chance d’être dans un très bon lycée (malgré tout, voir plus bas) et qu’il fallait en profiter pour se remplir la tête de plein de choses intéressantes. Sauf qu’à cet âge là, on ne pense pas comme ça.

Je crois, je suis même certaine, que mon problème, c’était que j’étais allergique à la discipline rigide propre à l’éducation secondaire traditionnelle, où il était obligatoire, sous peine de sanctions, d’assister aux cours, même si vous ne les aviez pas choisis (et d’ailleurs on ne les choisissait jamais, on choisissait vaguement son orientation, quand les profs ne le faisaient pas pour vous lors des conseils de classe…), qu’il fallait y aller même si le prof était infect, ce qui arrivait parfois, parfois même souvent, ou plus simplement incompétent et blasé.

Rien de tel qu’un prof passionné par la matière qu’il ou elle enseigne pour motiver des ados. Et des profs passionnés, on n’en avait pas beaucoup. Notre prof de physique, si, elle était géniale et passionnée. Je n’oublierai jamais cette prof. Du coup, grâce à elle, je me suis mise à adorer la physique. Si on avait eu un prof d’histoire aussi génial que Frédérick Gersal quand il raconte à la télé l’histoire de Paris, il ne m’aurait pas fallu tant de temps dans ma vie pour m’intéresser à cette matière passionnante. 

Quant à une prof de maths que j’ai malheureusement eu la malchance d’avoir pendant deux ans, elle était odieuse, infecte, et enlevait quatre, cinq ou six points à la moindre petite erreur, là où d’autres profs en auraient enlevé un ou deux. Elle avait également ses têtes, et le nombre de points enlevés pour la même erreur dépendait donc de la quote de popularité qu’on avait avec elle ! La plupart des élèves avaient des moyennes sous le huit, voire pire, et elle a dégoûté pas mal de monde des mathématiques. Le seul devoir où la classe quasi entière a eu au dessus de 10 sur 20 (on était super fiers de nous, et du coup notre motivation était remontée en flèche), elle a décrété que si on avait réussi, c’est que le devoir était trop facile, qu’elle avait été bien obligée de nous mettre une bonne note et que normalement on aurait jamais dû l’avoir, et que donc ce devoir ne compterait pas pour notre moyenne générale. On était écoeurés. Et on la haïssait tous. J’ai totalement décroché des maths ce jour là. Avant de l’avoir comme prof, j’étais bonne dans cette matière.

Je crois qu’on ne prend pas suffisamment en compte l’importance extrême de la relation entre un prof et ses élèves pour la motivation des gamins et leurs résultats scolaires.

Aujourd’hui, j’aimerais recommencer à étudier les maths, pour rattraper ce qu’elle m’a fait perdre, même si bien sûr ça ne me servira plus à rien au niveau professionnel (mais je ne suis pas utilitariste non plus) mais je n’ai pas le temps.

C’est également pour cette raison que j’aime tellement la section « mathématiques » de la Cité des Sciences, j’y ai appris ou réappris des trucs de manière agréable, et j’espère que cette exposition, bien qu’elle soit très ancienne (date-t-elle de l’ouverture du musée ?), sera conservée, pas comme les autres, tout aussi intéressantes, qui sont passées aux oubliettes.

Pour en revenir à mon problème de discipline si dure pour moi à respecter, et donc continuer à parler de ma pomme, j’étais peut-être le genre de gamine qu’il aurait fallu envoyer dans une école comme Summerhill pour y suivre ses études. A Summerhill, école fondée en 1921 par Alexander Neill et qui existe toujours, c’est la liberté totale pour les élèves. Les cours sont optionnels, chacun va aux cours qu’il désire suivre, et a le droit d’ignorer les autres, voire même de ne suivre aucun cours. Cette école a démarré avec un groupe d’élèves en rejet de l’école, pour diverses raisons. Neill s’est rendu compte que même les élèves qui rejettaient totalement l’école et refusaient, au tout début, de se présenter au moindre cours, jouant toute la journée dans la cour de récréation, finissaient par s’y rendre, poussés par l’ennui et la curiosité et, parce qu’ils s’y étaient rendu volontairement et que rien ne les forçait à y retourner s’ils n’en avaient pas envie, ils finissaient par persévérer, et devenaient de bons élèves. J’ai lu le premier (je crois) livre écrit par Neill (« Libres enfants de Summerhill ») à cette époque de la fac, justement, et ça a été pour moi une véritable révélation.

A l’université, c’était un peu comme à Summerhill, en fait. On choisissait ses cours, les matières qu’on voulait suivre, on choisissait pour chaque cours comment on voulait passer les exams, (au contrôle continu ou en juin), on était entièrement responsable de soi-même, de son assiduité, de son parcours d’apprentissage, de son rythme de travail, et au final de ses résultats. Pas de prof pour faire bêtement l’appel pendant un quart d’heure, pas de sanctions, pas de discipline au sens de pas d’infantilisation. Les profs étaient, la plupart du temps, proches de leurs étudiants. Ce système me convenait parfaitement, et j’ai quasiment jamais raté un cours, sauf bien sûr lorsque j’y ait été contrainte par cette grève de fin 86.

Ce n’était pas que je ne soutenais pas le mouvement, mais disons que je nuançais un peu ma position qui était donc, comme je l’ai dis plus haut, qu’un test, même sommaire, aurait été nécessaire pour entrer dans certaines filières, comme les langues (je ne parle pas d’instituts comme Langues O où l’on peut s’inscrire en tant que débutant, apprendre les bases d’une langue, le japonais par exemple, en première année), mais pas toutes les filières. Entre le tout et le rien, il devait bien y avoir un juste milieu.

J’ai donc trouvé mon compromis pour soutenir activement le mouvement sans aller à l’encontre de mes convictions personnelles : j’ai assisté à presque tous les cours, (comme la majorité des étudiants car, croyez le ou non, les salles de cours sont restées au moins aux trois quarts pleines, et ce jusqu’à jusqu’à ce que les profs rejoignent le mouvement et que les cours soient arrêtés. Parfois des grévistes entraient -sans frapper- dans la salle, et demandaient à ce que le cours soit arrêté, mais c’était rarement le cas. Donc en gros je faisais partie des casseuses de grève, oh la vilaine) mais j’ai participé à presque toutes les AG, aidé à l’organisation des manifs, mis la main à la pâte, et suis descendue dans la rue à chaque manif, y compris, bien entendu, les manifs silencieuses en hommage à Malik Oussekine.

Ces manifestations, que nous, simples étudiants, avons organisées, ont été d’une ampleur incroyable, inimaginable même. Je suis allée a un certain nombre de manifs dans ma vie, et je crois que j’ai rarement vu autant de gens dans les rues, à part sans doute la manifestation provoquée par la présence de Le Pen père au deuxième tour des élections présidentielles, et celle en 2003 contre la guerre en Irak. C’est difficile de dire que j’ai réellement manifesté en 2003, en fait j’ai passé la journée sur la place de la République, parce qu’il y avait tellement de monde que lorsque les premiers du cortège sont arrivés (à Nation si mes souvenirs sont bons), la queue du peloton, dont je faisais partie, était encore bloquée à la République ! Finalement, on a réussi à piétiner quelques dizaines de mètres lorsque nous avons enfin pu nous mettre en marche, et puis il était déjà si tard que j’ai décidé de rentrer chez moi.

Les boulevards et avenues où nous avons longuement défilé en 1986 etaient également noirs de monde. Ce fut une véritable déferlante de jeunes. C’est clair que les chiffres de la police n’ont pu être que sous évalués (comme d’habitude).

Nous avions notre propre service d’ordre, remarquablement organisé (il se composait de lignes d’étudiants volontaires, placés de part et d’autre du cortège, tout le long de la manifestation, qui se tenaient la main pour en protéger l’accès) et, personnellement, je n’ai assisté à aucun débordement, aussi parce que je ne me suis pas trouvée là où ils ont eu lieu. J’ai appris par la suite que lors de la dernière manif, des gaz lacrimogènes avaient été lancés, que la police avait chargé et qu’il y avait eu des dizaines d’étudiants blessés.

Vous vous rendez compte ce que ça signifie de charger des gamins de dix huit ou vingt ans et leur balancer du gaz lacrymo à la figure ? Comment voulez vous que les jeunes ne développent pas de la méfiance, voire du rejet, envers la police, après ça ? 

De toute façon, la police n’a jamais été populaire en France. En Angleterre, des officiers de police se rendent dans les écoles primaires pour parler aux enfants, leur expliquer que les policiers sont leurs amis et qu’ils sont là pour aider les gens. Ca joue beaucoup pour la relation de confiance, et ça aide sans doute à ce que les gens respectent cette police qui n’est même pas armée comme elle peut l’être en France, où les policiers sont regardés au pire comme des ennemis, au mieux avec méfiance. Sauf après Charlie Hebdo où les policiers étaient soudain devenus des héros.

Un de nos slogans principaux, que nous chantions tous en chœur, était : « Ni fac d’élite, ni fac poubelle, à bas les facs concurentielles, ni fac d’élite… » etc. Chanson qui a été reprise par de récents mouvements étudiants, apparemment. On avait aussi : « Tous ensemble, tous ensemble, hé, hé » (je tiens tout particulièrement à ce « hé hé ») qui lui aussi a été repris plus tard (copieurs ! ha ha). Il y avait bien d’autres slogans. Ils circulaient d’une fac à l’autre avant les manifs, pour que tout le monde les apprenne rapidement par cœur.

Tout au long du trajet, qui était très long, les gens aux fenêtres des immeubles, y compris les immeubles de bureau, applaudissaient le cortège, on les applaudissait en retour, ils brandissaient des pancartes ou des bannières où ils avaient écrit qu’ils nous soutenaient, qu’ils étaient tous avec nous. On a chanté, on a dansé… C’était vraiment une ambiance extraordinaire.

Puis les services publics, comme EDF par exemple, ont décidé de se mettre en grève par solidarité avec les étudiants. Là, je crois que le gouvernement a commencé à avoir très peur, un nouveau mai 68 et la grève générale, paralysant le pays tout entier, s’annonçant bel et bien… C’est peut-être ce qui a été à l’origine d’une montée de ton dans le « dialogue » gouvernemental avec le mouvement étudiant.

A part la mort de Malik Oussekine bien sûr (qui avait le même âge que moi), je garde un excellent souvenir de ce mouvement de contestation étudiant et des manifestations. Nous étions tous très jeunes, entre 17, pour les lycéens, et 25 ans, on va dire. J’en avais 22, et mes copines entre 19 et 24. Nous n’étions plus des ados, mais pas encore non plus tout à fait des adultes (surtout à cet époque où la société accordait encore le droit aux jeunes d’être jeunes longtemps. De nos jours, on appelle une gosse de 10 ans une « jeune fille », alors qu’on devrait toujours dire, comme on le faisait avant, « petite fille », et en général les enfants et ados sont poussés à devenir adultes le plus vite possible, je ne sais pas pourquoi) et nous avions l’impression d’appartenir tous à une seule et même famille, celle des étudiants. Ca ne veut pas dire qu’on aurait rejeté du mouvement de jeunes ouvriers s’ils avaient voulu se joindre à nous, bien entendu. Au contraire.

En réalité, tout le monde ne jouait pas vraiment son avenir avec ce mouvement, puisque nous étions déjà entrés à l’université (il y avait aussi des lycéens dans les manifs, donc, par contre je me rappelle plus s’ils faisaient la grève des cours) mais on avait quand même l’impression que le monde des adultes, auquel on ne se sentait pas encore appartenir, cherchait à nous mettre des bâtons dans les roues et rendre notre avenir plus difficile. C’était, encore une fois, les jeunes contre les adultes. On ne pouvait pas se comprendre, parce qu’on apartenait à deux mondes différents. Deux mondes que tout opposait.

Et puis il y a eu la mort de Malik Oussekine. Ca a été un choc immense pour nous, un véritable traumatisme collectif. « Ils » avaient tué l’un des nôtres ! Nous avons organisé des manifestations silencieuses. Ceux qui n’ont pas connu une manif de plusieurs centaines de milliers de gens si silencieux qu’on entendait les rares oiseaux chanter sur les avenues ne comprendront peut-être pas à quel point ces hommages à Malik Oussekine ont été émouvants, impressionnants, et inoubliables. Nous avons également porté durant des semaines un brassard noir au bras.

Il y a donc toujours eu de la répression et de la violence policière lors de manifestations, les « voltigeurs » de l’époque en étant un bon exemple, mais de nos jours, je n’oserais plus descendre dans la rue en France, si j’y vivais encore, pour manifester pour ou contre quoi que ce soit. Les violences policières qui ont eu lieu lors du mouvement des gilets jaunes m’ont glacé le sang. Des gens brutalement jetés à terre, des coups de pieds qui fusent dans les estomacs, des yeux crevés, et parait-il également des mains arrachées ?

Il est vrai que le nombre de casseurs semble aller croissant à chaque nouvelle manifestation, qu’il n’est pas facile de les neutraliser, mais la police semble désormais préférer taper dans le tas plutôt que faire la différence. De toute façon, même si un mec est un casseur, ce n’est pas une raison pour lui crever un œil.

Je suis également consciente du fait que le travail de la police est de plus en plus difficile, qu’en plus une partie de la population les hait tellement, désormais, que s’ils pouvaient en attraper un et le dégommer ils le feraient (d’ailleurs, c’est ce qu’il s’est passé quand des mecs ont jeté un truc incendiaire dans une voiture de police il n’y a pas si longtemps, dans une rue de Paris, et que les policiers ont failli brûler vifs à l’intérieur !!), et que finalement, bien que les policiers soient armés, ils prennent également des risques, peuvent également être blessés, et doivent se protéger, eux aussi. J’ai été tout autant choquée, lors des manifestations de gilets jaunes, de voir les attaques parfois ultra violentes subies par certains membres des forces de l’ordre. Dans ce cas, faut quand même comprendre qu’ils sont bien obligés de répliquer. Ils ne vont tout de même pas se laisser tabasser, voire tuer (on dirait bien qu’on en est là) par peur de commettre une bavure s’ils se défendent !

Ca n’empêche qu’ils ne devraient pas être « forcés » d’avoir recours à une telle violence, et encore moins autorisés à en user, lors des manifestations, d’autant plus que leur répression ne semble pas souvent viser les casseurs eux-mêmes (on les a vus s’en prendre tranquillement aux vitrines, au mobilier urbain, et il semblait bien qu’aucun CRS n’était là pour les arrêter, si l’on en croit les images télévisées -mais peut-on se fier à elles ?) mais les citoyens ordinaires, venus exprimer leur mécontentement, leur opposition à un projet ou une réforme, ou les leaders du mouvement.

La violence policière n’a même pas de rapport avec qui est au pouvoir, qui est au gouvernement, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, parce que ç’aurait été pareil avec n’importe qui d’autre, de n’importe quel parti. A l’époque de Malik Oussekine, c’était Mitterrand au pouvoir, donc les socialistes, « même si » le pays se trouvait en fait en situation de cohabitation. Tous les pouvoirs, quels qu’ils soient, ont peur de la révolte du peuple. Et encore plus, bien sûr, d’une véritable révolution. Il faut étouffer cela dans l’œuf avant que ça ne prenne des proportions incontrôlables.

Ca dépend plutôt des époques, selon moi, mais je me trompe peut-être. Je me souviens en tout cas d’une manif où je m’étais rendue vers 1986 ou 1987, je sais vraiment plus, et je ne sais même plus pour quoi c’était, mais j’y suis allée pour prendre des photos et pas pour manifester. J’ai pris pas mal de photos de manifs à cette époque là (mais aucune du mouvement étudiant de 86, curieusement, ou peut-être parce que j’en faisais trop partie pour me placer à l’extérieur, en observatrice). 
Je me tenais sur le bord du trottoir, regardant la manif passer, et tout à coup, qui vois-je défiler ? Jack Lang. Sans me poser la moindre question, je me précipite vers lui, fends la foule, me plante à vingt centimètres juste sous son nez et commence à le mitrailler (j’ai toujours les négatifs de ces photos mais faudrait que je les retrouve…). Il ne me regarde pas directement, mais je suppose qu’il a bien dû me voir faire, en tout cas il n’a eu aucun mouvement de mauvaise humeur, il était souriant et détendu, il n’a pas eu l’air de craindre cette petite jeunette qui s’était précipitée vers lui, personne ne m’a repoussée, ne m’a demandé d’arrêter de le photographier, bref, tout s’est très bien passé. Après quelques clichés, je le laisse en paix et regagne mon poste d’observation, au bord du trottoir. 
Quelques minutes plus tard, je vois Lionel Jospin. Entouré d’une armée de gardes du corps, du moins ils en avaient tout l’air, à l’entourer comme ça et faire le vide autour de lui. Rien à voir avec Jack Lang qui se mêlait très librement, très naturellement, à la foule. Je m’apprête à traverser la chaussée pour m’approcher prudemment de lui lorsqu’un énorme CRS me pousse violemment, et je m’étale par terre. Ma première réaction, en me relevant, avant de ramasser et vérifier mon appareil photo, est de lui gueuler dessus : « Non mais ça va pas, la tête ? Vous êtes pas bien ou quoi ? » et le mec commence à se marrer ! Il se marre, mais me laisse néanmoins tranquille. Je me demande ce qui arriverait de nos jours si je hurlais comme ça sur un CRS. A mon avis, il ne se contenterait pas de se marrer, mais soit il jouerait les gros bras, ou carrément me donnerait un ou deux coups de matraque sur la tête, voire même en pleine figure. Je me trompe ?

J’ai du mal à les cerner, ces CRS. Si tu vas les voir pour leur demander un renseignement, par exemple tu veux rentrer chez toi mais tu tombes sur une manif, les rues sont bloquées et tu sais pas par où passer, ils te donneront le renseignement très poliment (pas avec un grand sourire quand même, faut pas trop en demander, mais poliment), et les mêmes mecs vont ensuite taper violemment sur un manifestant ou jeter une vieille dame par terre, comme on l’a vu lors du mouvement des gilets jaunes. Quelle sorte de menace cette dame pouvait-elle représenter pour qu’ils s’en prennent à elle comme ça ? C’était pour montrer l’exemple ? Un message à la population : « restez chez vous, braves gens, ne descendez pas manifester dans les rues » ?

Même si les violences policières lors de manifestations ont toujours existé, donc, j’ai l’impression malgré tout que les manifestations sont de nos jours, en règle générale, de moins en moins tranquilles. On sait quel risque on prend en descendant dans les rues. Il y a aussi plus de casseurs qu’avant, me semble-t-il, mais aussi un rejet plus violent de la part de la population du pouvoir en place, quel qu’il soit, et dans l’ensemble, l’impression d’une société qui se divise et se radicalise de plus en plus. Et, pour contrer, ou prévenir, toute violence de la part des manifestants, toute révolte du peuple, une police qui se montre, en retour, de plus en plus répressive.

Quant à ce qui s’est passé aux Etats Unis avec la mort de George Floyd, c’est ahurissant. Un mec qui supplie l’officier de police de le libérer parce qu’il ne peut plus respirer, et l’officier, glacial et insensible, calculateur, sadique même, qui appuie encore plus fort son genou sur le cou de son prisonnier !! J’ai pas pu regarder les images en entier.

Ca, c’est de la haine à l’état pur. Rien à voir avec de la « simple » violence policière, de la répression, aussi injustifiée soit-elle, lors de manifestations, ici on a affaire à du racisme dans sa forme la plus abjecte. Celui qui peut tuer. Ce type a clairement pensé qu’il était en droit d’en tuer un autre si tel était son bon plaisir. Et il l’a choisi lui parce que le mec a la peau marron. Il y a des gens qui sont de véritables malades mentaux. Et pourtant, on leur offre des postes à responsabilité comme celui d’être dans la police, donc celui d’exercer un certain pouvoir, à défaut de réelle autorité, sur les citoyens. Visiblement aussi, dans certains cas, d’avoir le droit de vie ou de mort sur les autres.

Même si un mec a commis un crime, ou qu’il a un passé de délinquant, aucun policier quel qu’il soit n’a le droit de décider du sort de cette personne, à plus forte raison de le mettre à mort. Il se trouve que la peine de mort existe encore dans un certain nombre d’états américains, et même si elle est prononcée contre quelqu’un (la peine de mort n’a jamais empêché les crimes de se commettre, mais je suppose que ça rassure tout le monde de tuer un malfaiteur même si on sait qu’un autre prendra sa place ensuite) cela ne signifie pas que le mec n’a pas droit à un procès équitable.

De toute façon, on n’a jamais vu un Blanc se faire traiter comme ça par la police américaine, ça arrive peut être, j’en sais rien, je ne vis pas là bas, mais en tout cas ce n’est un secret pour personne que le risque est bien plus élevé là bas d’être maltraité si on est un Noir que si on est un Blanc.

C’est valable pour les Etats Unis, mais c’est également valable pour le reste du monde, la France y compris, avec ses contrôles au faciès. Qui aurait l’hypocrisie d’oser prétendre qu’on ne risque pas de se faire contrôler trois fois plus dans la rue si on est un jeune Noir ou un jeune de type Maghrébin ? Qu’on se mette un peu à leur place, et qu’on essaye d’imaginer l’effet que ça doit faire de se savoir en permanence suspecté, de savoir qu’on risque de se faire contrôler par la police dès qu’on met le nez hors de chez soi, surtout si on habite dans le « neuf trois » parce que même si on n’a rien fait de mal, on fait partie de la catégorie qui, c’est sûr et certain, finira un jour par faire quelque chose de mal... Ajoutez à cela la future discrimination à l’embauche…

Je parle du « neuf trois », mais je suis prête à parier que si un jeune Black ou Beur issu d’une famille aisée habite le 16ème, un policier (blanc, sous entendu, sans vouloir tomber dans le manichéisme) passant par là et le croisant dans la rue, a des chances –je ne dis pas que ça va forcément être le cas, tout le monde n’est pas un sombre crétin- de se demander ce « qu’il fait là dans les beaux quartiers celui là », que ses belles fringues doivent (forcément !) avoir été achetées avec l’argent de la drogue ou autre combine, et que là aussi, il va le contrôler pour être sûr que cet individu louche, en tout cas qui n’a pas l’air « à sa place » ne cherche pas, par exemple, à cambrioler les riches…

Les manifestations en hommage à George Floyd et pour le « Black lives matter » vont-elles servir à quelque chose ? Elles ne se sont pas limitées au seul territoire des Etats Unis, on a vu des manifestations et des hommages se tenir un peu partout sur la planète, donc c’est prometteur, je pense même que cela n’a d’ailleurs jamais été aussi prometteur, mais cela suffira-t-il pour changer les choses en profondeur ?

C’est possible, cela n’a peut-être jamais été autant possible, d’ailleurs, car cela semble là, à portée de main, et du coup, à contrario, je pense que si ces manifestations là ne parviennent pas à changer les choses, si ce mouvement ne s’amplifie pas pour donner quelque chose de plus universel, c’est-à-dire soit provoquer une véritable prise de conscience ou, à défaut de prise de conscience, au moins forcer les policiers racistes (ils ne le sont pas tous, « même » aux Etats Unis) à se contrôler, même s’ils n’en ont pas envie parce qu’ils sont rongés par le racisme, au moins par trouille des conséquences s’ils ne le font pas, si ce mouvement finit, tôt ou tard, par retomber comme un soufflé, alors là je crois que ce sera foutu.

24/03/2020

Et nous voilà confinés...

Mardi 24 mars 2020.


Sauf erreur de ma part, je ne crois pas qu'une telle situation de confinement s'est déjà produite dans toute l'histoire de l'humanité. Des épidémies, oui, mais un confinement généralisé de pays entiers, pas à ma connaissance.

Si ça continue comme ça, c'est la planète entière qui va se retrouver confinée, pas forcément tous au même moment, mais tous à un

18/12/2019

Accro à mon smartphone ?


Il y a quelques temps, nous avons acheté un nouveau smartphone Androïd. Par nécessité, car on avait besoin d’un téléphone récent. Tant qu’à faire, on a choisi le genre de smartphone accompagné d’un abonnement offrant un nombre impressionnant de gigas de données, sans se poser la question de savoir si on avait réellement besoin d’un appareil surgonflé. Ou plutôt si, nous nous sommes posé la question, mais on l’a acheté quand même. Je dois avouer que c’est purement de ma faute, car c’est moi qui ai insisté pour que nous prenions un tel abonnement. Cela n’allait coûter que quelques misérables livres sterling de plus par mois, donc pourquoi se priver ? Mais détrompez-vous : je n’ai aucune intention de devenir accro à mon smartphone.

Le problème ne fut pas pour nous de savoir résister à l’achat d’un nouveau smartphone puisque, comme je l’ai expliqué plus haut, nous en avions un réel beoin, donc pas le choix, le problème fut, d’une part, de résister à la tentation de prendre un abonnement surdimentionné, et d’autre part, de m’empêcher de passer ma vie dessus.

J’ai eu le malheur d’ouvrir une fois Gougueulplèye… Trop tard, j’avais commis l’irréparable !

Des milliers d'applis, ou « apps », des dizaines de milliers, des millions, peut-être ! La plupart gratuites en plus ! Pourquoi résister à la tentation ? Mais détrompez-vous : je n’ai aucune intention de devenir accro à mon smartphone ! 

Notez, avant que nous n’entrions dans le vif de notre sujet, que ces machines ne devraient pas être nommées “smartphone" puisqu'elles ont bien d'autres utilisations que celles du simple téléphone de l’homme des cavernes, mais “smartthing”. Littéralement, la chose intelligente. « Smarthing » avec un seul t, pour faire plus rapide. « Smartruc » en bon français (et ce ne sont pas nos amis Québécois qui me contrediront).


J'ai donc téléchargé avec un intérêt et une curiosité non dissimulés ma première app : les prévisions météorologiques.

Non seulement cette app me donne les prévisions météo de ma région, comme son nom l’indique, mais en plus, elle me permet de savoir également le temps qu’il fait dans le reste du monde à la seconde où je consulte le service ! C’est très important, de savoir quel temps il va faire quelque part maintenant, ou même ailleurs très bientôt. Pourquoi, allez vous me demander ? Eh bien, parce que ça permet de savoir. Et aussi, n’oublions pas de le mentionner, de comparer avec l’endroit du globe où l’on se trouve.

Tenez, par exemple, aujourd’hui, à Oulan Bator, il fait -28° avec un ciel un peu voilé, alors qu’ici il fait 6° avec là aussi un ciel voilé. C’est pas génial, ça ? Hier, il faisait 26° à Lima, avec là aussi un ciel en partie couvert, les pauvres Péruviens, mais ils ont dû être soulagés s’ils ont consulté la météo de ma région sur leur smartruc, car ici il a plu des chats et des chiens (c’est la façon britannique de pleuvoir) et il a fait un froid de canard (c’est une sorte de froid, mais cette fois bien français).

Mais le plus du plus, tenez-vous bien, mon app me donne le pourcentage de probabilité qu’il y ait, ou non, de la pluie ! Oui, vous avez bien lu, le pourcentage exact de probabilité qu’il pleuve. L’autre jour, par exemple, il y avait 78% de chances qu’il pleuve chez moi. Cette précision extrême m’a changé la vie.

Je ne sais pas si vous vous rendez bien compte, mais dans le temps (c’est le cas de le dire), et surtout avant qu'ils ne puissent enfin regarder la télé, les gens étaient obligés de regarder par la fenêtre (!), et selon ce qu’ils voyaient, un ciel bleu, un ciel gris, du soleil, de la pluie, ils devaient s’équiper en conséquence ! De nos jours, c’est formidable fantastique extraordinaire, on consulte son app, et selon ce qu’on voit sur son écran, un petit soleil, un petit nuage, un certain pourcentage de pluie, on s’équipe en conséquence.
On n’arrête pas le progrès.

C’est alors que, tout à coup, j’ai eu un doute : à quoi cela me servait-il vraiment de savoir quel temps il a fait/fait/fera dans un endroit où je ne suis pas, où je n’irai sans doute jamais, et où je ne connais personne ? Et puis, quelle différence qu’il y ait, ou encore quel intérêt de savoir qu’il y a 32%, et pas 33, de probabilité qu’il tombe de la pluie ? Cette app, au demeurant fort bien conçue, n’était-elle qu’un gadget venu se coller comme une sangsue à notre vie quotidienne ?

Comme j’avais un peu de temps ce jour là, envie de jouer et surtout pas envie de me prendre la tête, j’ai décidé de télécharger un jeu. Il y en a des milliers sur Gougueuleplèye. S’ils sont tous d’un niveau de difficulté différent, ils ont au moins une chose en commun : ils sont tous plus chronophages les uns que les autres. J’en ai donc trouvé un très simple et pas trop chronophage qui consiste à poser son doigt sur l’écran de son smarthing.
Voilà, c’est tout. Et pour gagner des points, vous laissez le doigt posé sur l’écran. (1)
Mais là, par contre, j’ai vraiment grave commencé (commencé grave ?) à me poser des questions : avais-je bien compris l’objectif de cette app ? Il devait bien y avoir un autre but à ce jeu que de juste poser le doigt sur son écran ! J’ai tapoté partout, cherché, exploré, mais je n’ai rien trouvé.

Avais-je passé l’âge de comprendre ? Peut-être était-ce l’objectif des apps en général que je ne comprenais pas ? 

J’avais une énigme très compliquée à résoudre.

On vous a déjà raconté des blagues ? La solution est toujours celle à laquelle on pense le moins. Un peu comme dans les romans policiers d’Agatha Christie où le (ou la) coupable est toujours la personne qu’on soupçonnait le moins (par conséquent, j’accuse toujours la personne que je soupçonne le moins, mais vu que je soupçonne cette personne, du coup ça ne peut pas être celle là la coupable, donc je me rabats sur la personne qu’on soupçonne le plus, vu que c’est forcément celle là qu’il faut soupçonner le moins…) Tout ça pour dire qu'il m'est soudain apparu que pour une app, comme pour une blague ou un bon roman policier, il faut chercher et trouver l’objectif et l’utilisation auxquels on penserait le moins, et c’est ça la bonne réponse.

Alors j’ai téléchargé ma troisième app, pour voir si j’allais comprendre mieux.

Un niveau à bulle. Ca existe déjà, les niveaux à bulle, et cet objet marche très bien, dixit les bricoleurs, mais maintenant ça existe encore mieux, comme aurait dit Coluche, ça existe en app sur son smartruc. Et là je me suis dit, : "vu que visiblement j’y comprends rien à la technologie et qu’en plus je fais partie de l’ancienne génération, si ça existe en app, c’est qu’il y a une excellente raison à cela."

Alors, comme j’avais téléchargé un niveau à bulle et que je ne suis pas bricoleuse, c’est forcément que l’app devait servir à autre chose. J’ai décidé de l’utiliser pour être sûre de tenir mon smarthing bien horizontalement lorsque je télécharge les apps, parce que je me suis dit que sinon, elles risquaient de glisser, de tomber, et ensuite de s’accumuler dans un recoin de mon écran. Vu que c’était l’utilisation la plus improbable, autrement dit celle que l'on soupçonne le moins, que j’avais réussi à trouver à cette app, cela devait donc être la bonne. Et comme un écran, ce n’est pas étanche, il y avait même des risques que les apps se décrochent du téléphone et se retrouvent sur le tapis.

Du coup (de fil), j’ai téléchargé une app-loupe. Pour retrouver les apps-bulles tombées sur le tapis. Mais ça, c’était selon moi l’utilisation évidente de cette app, donc il fallait bien que je lui en trouve une autre.

Au début, je ne voyais vraiment pas, mais j’ai fini par comprendre (mais ça m’a pris du temps) qu’avec une app-loupe, je pourrai grossir les autres apps qui se trouvent déjà sur mon écran. J’ai également trouvé un autre objectif à cette app fabuleuse : espionner ce qui se trouve sur mon téléphone. Logique, pour une loupe. Un malware (appelé également « maliciel » en bon québécois ») se cachait en effet dans le programme de cette app. Heureusement que j’avais dès le début téléchargé une app-antimaliciel ! A regret, j’ai donc désinstallé mon app-loupe.

Mais avant, grâce à ma loupe, j’ai déniché sur Gougueulplèye une app-compas. Très utile pour les gens comme moi : vu que je suis complètement à l'ouest, j'ai souvent tendance à perdre le nord. Désormais, je vais pouvoir garder le c’app en toutes circonstances.

Au début, je me me suis dit que télécharger un canon, ça pourrait être utile pour défendre notre château lorsque la bataille fera rage entre les pro et les anti Brexit, et puis je me suis rendue compte qu'en fait, il s’agissait d’une imprimante ! C'est dingue la technologie : de nos jours, on peut même imprimer à l’intérieur de son smartruc ! Le hic, c'est que j'ai eu beau tourner et retourner mon appareil dans tous les sens comme un shaker à cocktail (au risque de mélanger toutes les apps sur mon écran), j'ai toujours pas compris par où sortait le papier.

Parfois, nous venons à Paris, et nous ne savons pas avec précision dans quelle rue on se trouve ni comment se rendre à un endroit précis. C’est là que j’ai compris en quoi les apps pouvaient véritablement vous changer la vie. Quand je pense qu’autrefois, dans les années cinquante par exemple, il fallait trimballer sur soi un plan Taride ! Ou pire, parler à des gens dans la rue pour demander son chemin ! Avec tous les problèmes que cela pouvait comporter : à quelle personne s’adresser ? Tiens, pourquoi pas celle-ci ? Mais pourquoi celle-ci plutôt que celle-là, d’ailleurs ? Et puis, est-ce qu’elle est vraiment du quartier, ou elle fait juste semblant ? Cette personne a-t-elle l’air sympa ? Etc etc… Ou alors il fallait lever les yeux pour regarder la plaque émaillée au coin des immeubles, avec le nom de la rue écrit en gros dessus ! Ce que ça pouvait être compliqué, la vie, dans le temps, et puis qu’est-ce qu’on devait avoir l’air bête, le nez en l’air comme ça ! Un peu comme quand on levait le nez autrefois pour regarder le ciel.
La technologie a fort heureusement rendu la vie mille fois plus facile aux zumains d’aujourd’hui : avec une app-carte (interactive), finis les problèmes ! Si en plus vous la complétez avec un GPS, vous êtes équipés comme à l'armée américaine. De nos jours, c'est devenu, qu'on le veuille ou non, indispensable.

C’est alors que, la carte et le GPS téléchargés, je me suis donc sentie équipée comme à l’armée américaine, mais pas en sécurité. L’idée m’est alors venue de télécharger également un guide de survie en milieu extrême : le Brexit, quand il aura lieu, va sûrement avoir pour conséquence le déclenchement de la troisième guerre mondiale (allez-y, rigolez, rigolez, vous verrez qui avait raison, et ce jour là, rira bien qui rira le dernier, tiens !) et il est indispensable de savoir comment se comporter le jour de la fin du monde. En plus, le guide que j'ai choisi est consultable hors ligne, comme ça je serai fin prête au moment de la coupure définitive de tous les réseaux (y compris les « sociaux »). Ou alors plus prosaïquement, mon guide me servira si un jour je suis perdue dans la jungle amazonienne et que je me fais mordre par un cobra. Ou étouffer par un boa. C’est pour ça que je compte devenir une fervente écologiste : je vais militer pour qu’ils ne coupent pas tous les arbres de la planète, parce que s’il n’y a plus d’arbres sur Terre, il n’y aura plus de jungle, et du coup j’aurai téléchargé mon app de survie pour rien. Ou presque.

Je me promenais dans la jungle des apps de Gougueulplèye lorsque je découvris un sound meter. Comment traduire ça ? J’ai donc commencé par télécharger un traducteur, et j’ai trouvé « sonomètre ». Ça ne dit pas en quoi c’est vraiment utile d’en avoir un sur soi, mais je suppose que ça sert à savoir avec précision à quel volume votre radio préférée envoie sa musique dans votre tuner. Si le nombre de décibels enregistré est trop élevé, vous téléphonez aux animateurs radio et vous leur demandez de baisser le son.

Puis j'ai téléchargé l’app de mon magasin de mode préféré. C’est vachement bien : les vendeuses du magasin (qui se trouve en ville, c’est pas loin, mais avec 84% de chance de pluie ce jour là, j’ai préféré ne pas sortir) ben elles essayent les fringues pour vous, ensuite elles vous les envoient par la poste afin que vous puissiez les leur retourner.

Dans la catégorie nourriture et boisson, ne pas non plus oublier de se procurer l'app d’une fameuse chaîne de café quelconque. Ça fonctionne, j’ai cru comprendre, comme un mini-distributeur et là, pour le coup, il faut tenir le smarthing, transformé en tasse virtuelle, bien vertical pour que le café monte plus rapidement. Je crois qu'on n'a plus qu'à brancher ensuite une paille dans l'orifice normalement prévu pour charger la batterie, et « enjoy ! » comme on dit ici en GB. J'ai pas encore essayé parce que j'hésite toujours entre Arabica et Robusta. On peut faire exactement pareil avec les apps des restaurants et des fast foods, et fabriquer soi même son repas. Bon app !

Puis j'ai trouvé une app pour contrôler le chauffage à distance, et je me suis dit : « Gééééniaaaaal ! C’est exactement ce qu’il nous faut pour être sûrs de garder le chauffage toujours allumé (et à donf !) pendant notre absence, par exemple quand on va passer quelques jours à Paris ».

Un miroir... Le problème, c’est que maintenant j’ai la trouille de briser l’écran de mon smarthing. Je n’ai aucune envie de m’attirer sept ans de malheur ! 

Enfin, j’ai trouvé une app pour retrouver son smartruc quand on l'a perdu. Pour l'utiliser, c’est très simple : retrouvez votre smartruc , allumez-le s’il est hors tension, lancez l'app, et retrouvez votre smartruc.


Voilà... je crois que j'ai fait le tour de mes toutes premières apps. Quand je pense qu'avant je critiquais les autres, qui téléchargent des dizaines d'apps sur leur machin, et prétendais qu'il ne s'agissait que de gadgets inutiles ! Maintenant, je ne peux plus m'en passer dans ma vie quotidienne. Mais ne vous détrompez pas : je n’ai aucune intention de devenir accro à mon smartphone…

Mais... attendez, j'y pense... un smartphone, ça n’était pas supposé servir en premier lieu de téléphone ? J'ai dû oublier de télécharger un truc ou deux pour le faire fonctionner comme tel ! Faut que je retourne dans Gougueulplèye ! Quittez pas, je reviens...


(1)             Je précise, à l’intention des sceptiques, que ce n’est pas une blague : ce jeu existe vraiment.




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08/11/2019

Extraire MP3 de YouTube

Un très court article pour expliquer comment extraire sur votre ordi (ou une clef USB) une vidéo au format MP4 ou juste la bande audio au format MP3 à partir d'une vidéo YouTube.

En fait, j'aurais pu me passer d'écrire cet article vu que tout est déjà expliqué sur Internet. 

Alors vu que hier j'ai créé une playlist Mory Kante sur ma chaîne YouTube (allez l'écouter, si vous ne connaissez pas Mory Kante, je vous garantis que vous allez l'aimer, et si vous croyez ne pas l'aimer, vous allez changer d'avis) groupant mes morceaux préférés -je dois dire que j'ai une affection particulière pour Djalla, Djou et Soumba, mais tous les morceaux sont très bons- et que le son n'est pas génial sur mon portable, même quand je branche les petites enceintes acoustiques, je me suis dit que la meilleure solution était de récupérer le son de chaque chanson, et ensuite de graver le tout sur un CD (oh la vilaine... je dis ça parce qu'il parait que c'est pas vraiment bien vu, question copyright, de faire ça ? Je ne comprendrai jamais pourquoi...) pour écouter ma playlist sur quelque chose d'un tout petit peu meilleur comme qualité, le "tout petit peu" signifiant en fait un lecteur CD Technics (SL PG etc) pas très bon marché pour ne pas dire qu'il m'a coûté une fortune, un equaliseur 10 machins, un ampli Kenwood vintage, très vintage, d'excellente qualité, et une paire de superbes Cabasse Corsaire achetées en 86 ou 87, je sais plus, bref, à tomber par terre... bon, j'arrête de frimer... mais que voulez vous, il me faut de la qualité, car vu que je ne peux pas vivre sans musique, si vous me coupez la musique, je suis morte la seconde d'après...

Vous avez déjà essayé d'acheter des Best Of ? Ce n'est jamais vraiment les chansons que vous auriez choisies, il y en a toujours une que vous n'auriez pas mise, une autre dont vous regrettez l'absence, et en plus, elles ne sont pas forcément dans l'ordre où vous les auriez voulues.

J'en étais où ? Ah oui, donc je voulais récupérer le son des vidéos YouTube, parce que je ne possède pas tous les CD de Mory Kanté (grave erreur qu'il faudra que je répare un jour), pour graver tout ça sur un CD, dans l'ordre qui me plait, histoire de pouvoir écouter ma playlist dans de bonnes conditions et donc prolonger mon espérance de vie.

J'ai trouvé des sites où l'on pouvait entrer les liens des vidéos individuellement, mais je ne sais pas pourquoi, ça n'a pas marché pour moi. Vous pouvez toujours essayer. 

Il existe par contre un petit logiciel à télécharger sur son ordi, désolée de faire de la pub pour ce truc, je n'ai aucun intérêt financier là dedans, mais c'est le seul truc que j'ai trouvé qui marche vraiment bien, même s'il faut prendre la version Premium, et donc payer (ouch ! mais je l'ai fait malgré tout, bien que normalement je suis pas très chaude pour ce genre de trucs) pour bénéficier de toutes les fonctionnalités.
Il s'agit de 4K Video Downloader. Une fois téléchargé, vous pouvez choisir de télécharger la vidéo elle même, au format MP4, et ainsi pouvoir la visionner hors ligne, ou choisir de ne prendre que le son, au format MP3 ou deux autres formats. On peut même extraire d'un seul coup le son d'une playlist entière.

Pour extraire vos MP3, c'est hyper facile. Honnêtement, j'ai jamais rien vu d'aussi facile. Vous copiez l'adresse internet de votre vidéo, ou votre playlist, et vous l'entrez dans l'espace réservé à cet usage dans le logiciel (ou alors le simple fait de copier le lien suffira, le logiciel se connectant automatiquement à votre presse papier et démarrant direct le téléchargement), ensuite, quand il a entré tous les titres dans sa base de donnée, vous choisissez audio ou vidéo, puis quel format, vous cliquez, et hop, c'est parti...

Pour graver le CD, vu que je continue à faire de la résistance et d'écouter de la musique sur CD (de toute façon aucun de mes équipements vintage n'a de prise USB), je signale juste que je l'ai fait sur Real Player, car pour une raison inconnue (de moi, en tout cas) ça marchait pas avec Windows Media Player, enfin si, ça marchait, ça gravait, mais ensuite mon lecteur de CD n'arrivait pas à reconnaître le contenu (et pourtant je l'ai gravé en mode Audio et non Data). Donc à bas Microsoft, même si le problème venait de moi et pas de leur lecteur.

Quelle pêche, Mory Kanté ! 😋 😋 😋

Pour le volume d'écoute sur la chaîne hi fi, euh... on parle d'autre chose ?


(Ps, je précise, à toutes fins utiles, que nous n'avons pas de voisins immédiats, la première maison après (ou avant, ça dépend de quel côté vous arrivez) la nôtre se trouvant à trente ou cinquante mètres...)